‹ Pneumonies prolongéesChapitre 10 sur 21 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I.

(de M. le professeur Léon Bernard et M. le Docteur Lamy.)

Mme R.… âgée de 48 ans, sans profession et jusque là bien portante, est prise brusquement, le 20 janvier 1932, d’un point de côté violent, localisé dans la région axillaire gauche. En même temps, elle éprouve un malaise soudain, est secouée par un grand frisson et sa température en quelques heures s'élève jusqu’au voisinage de 40°. Dans les jours suivants, le point de côté s’atténue, mais une toux sèche, pénible s’installe qui n’amène pas d’expectoration, une éruption d’herpès apparaît sur les lèvres et au pourtour des narines ; la fièvre persiste élevée, dessinant un plateau régulier à 40°. On perçoit, à ce moment, dans l’aisselle gauche, des râles crépitants, bientôt remplacés par un souffle tubaire typique. Un tel syndrôme impose le diagnostic de pneumonie lobaire franche aiguë.

Les symptômes demeurent inchangés pendant quatre jours, puis la température s’abaisse un peu, se fixant temporairement aux environs de 39°. Au bout d’une huitaine de jours, une nouvelle descente s’amorce, la fièvre s’établissant désormais autour de 38°, avec, de temps en temps, une poussée vespérale à 39°. L'état général est assez satisfaisant, la toux persiste, sans expectoration, l’aucultation révèle la persistance d’un gros souffle tubaire, auxquels se sont surajoutées des râles bulleux.

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A partir de ce moment, les 12 jours environ après le début de la maladie, les signes physiques vont demeurer à peu près les mêmes. Quand à la fièvre, elle revêt désormais une allure tout à fait irrégulière, dessinant sur la feuille de température de vastes oscillations entre 37,6 et 39,7 sans qu’on trouve, dans un examen complet de la malade, de quoi l’expliquer.

Vers le 15 février, 25 jours environ après le début la fièvre s’est abaissée progressivement, dessinant désormais une courbe irrégulière entre 37 et 38. L'état général est meilleur, mais les signes physiques £onstatés dans la région exillaire gauche se sont peu modifiés.

C’est dans ces conditions que le médecin de cette femme, repoussant désormais le diagnostic jusqu'alors accepté par lui de pneumonie, s'oriente du côté d’une région axillaire gauche se sont peu modifiés. examen radiologique, suggérant en même temps l’institution d’un pneumothorax artificiel.

Nous examinons cette femme le 25 février 1932, un mois après le début de la maladie. Elle est légèrement amaigrie continue à tousser et sa température oscille encore entre 37,5 et 37,9. Il existe une matité franche, des zones sousclaviculaires et axillaires gauches avec exagération des vibrations vocales, retentissement de la toux ; dans les mêmes régions, on entend un souffle tubaire extrèmement fort, aussi typique que celui que l’on constate d’ordinaire dans une pneumonie en pleine période d'état. Après la toux, on perçoit quelques gros râles bulleux à la fin de l'inspiration.

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L'examen radioscopique et radiographique du thorax permet de décéler, à la partie moyenne de l’hémithorax gauche, dans la région inter-cléido-hilaire une ombre assez régulièrement triangulaire dont la base est dirigée vers la clavicule et l’aisselle et dont la pointe s'établit dans la région du hile gauche.

Un tel ensemble de symptômes évoquait légitimement la possibilité d’une lésion tuberculeuse. Nous avons néanmoins refusé ici ce diagnostic à cause du début extrêmement brutal, à cause de la présence des signes physiques très importants, tout à fait inhabituels dans la tuberculose et aussi à cause de l'aspect radiologique de la lésion, de sa forme triangulaire, assez suggestif à nos yeux d’une infiltration lpneumonique en voie de résolution, de la périphérie vers le centre.

Nous refusant à toute intervention, nous avons seulement poursuivi l'observation de cette malade. L'avenir devait confirmer notre diagnostic. En effet, la température peu à peu s’est abaissée. Le 7 mars, 45 jours environ après le début de la maladie, l’apyrexie était complète, en même temps les signes physiques peu à peu disparaissaient. Une nouvelle radiographie du thorax, pratiquée le 15 mars 1932 montrait une image rigoureusement normale.

Observation II.

(de M. le professeur Léon Bernard et M. le Docteur Lamy.) L'enfant B... Roger, âgé de 11 ans, est pris brusquement, le 10 avril 1932, d’une douleur violente de l’hémithorax

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