II. — Séquelles de pnreumonies
Dans certains cas, rien dans les signes généraux et fonctionnels ne fait penser à l'existence d’une pneumonie anormale. La crise s’est faite dans les délais normaux, les signes généraux et fonctionnels s’amendent rapidement après la chute de la température — et on croit à la guérison complète.
Cependant, un examen physique et radiologique fait au cours de la convalescence, peut nous révéler dans certains cas la persistance insolite de symptômes thoraciques et d’une image radiologique.
Il s’agit 1à évidemment d’une persistance des signes physiques qui se prolonge au delà du délai considéré comme normal, c’est-à-dire trois semaines pour les signes stétacoustiques et cinq semaines pour les signes radiologiques, comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent.
Un tel examen est fait plus souvent dans le but social que médical, — car, nous l’avons constaté, parfois rien de particulier n’attire l’attention.
C’est ainsi que dans nos observations un examen complet à été fait au cours de la convalescence parce qu'il
se Le
s'agissait d'agents du Réseau de l’Etat et que la Compagnie demandait un examen complet en vue de la reprise du travail.
Chez un de nos malades c’est par contre un amaigrissement inexpliqué après sa pneumonie, accompagné d’asthénie et même d’un léger mouvement fébrile, qui a exigé la mise en observation et un examen approfondi.
Cet examen a été révélateur de l'existence d’une submatité avec diminution du murmure vésiculaire dans les fosses sus-et sous épineuses droites, et d’une image radiologique suspecte : opacité non homogène, constituée par la juxtaposition de taches d’inégales grandeurs qui occupaient les deux tiers supérieurs du poumon droit, s’arrêtant à la scissure.
La persistance, longtemps après la guérison de la phase aiguë, d'images pathologiques pulmonaires durables, véritables séquelles radiologiques de pneumonies, ne paraît guère avoir retenu, du moins chez l'adulte, l'attention des auteurs. Chez l’enfant de semblables anomalies radiologiques ont été étudiées par Ribadeau-Dumas et Levesque, qui ont montré qu’elles peuvent être rapportées à tort à la primo-infection tuberculeuse.
La même erreur de diagnostic est aussi inévitable chez l'adulte et la constatation d’une telle symptomatologie est à juste titre évocatrice d’une lésion bacillaire. Ces images dépourvues de spécificité sont souvent découvertes au hasard d’un examen radiologique longtemps après la pneumonie et leur aspect impose presque le diagnostic de tuberculose pulmonaire.
nee diem Nous voyons, par conséquent, que certaines pneumonies laissent des séquelles auscultatoires et radiologiques et
nous croyons pouvoir les rapprocher des pneumonies pro-
les mêmes problèmes diagnostiques et thérapeutiques.
longées proprement dites parce qu’elles posent toutes deux
Etude clinique
Les pneumonies prolongées débutent et évoluent pendant leur première partie comme des pneumonies franches classiques et aucun signe spécial ne les caractérise au commencement.
L'attention n’est éveillée qu’au bout de quelque temps devant l'absence de crise, la persistance de la fièvre, des signes physiques et de l’ombre radiologique.
Il n’y a pas de chute thermique brusque, mais la température s’abaisse peu à peu pour arriver, au bout de quelques jours, à se stabiliser aux environs de 38°. Avant de descendre à 37°,5-38° elle se fixe temporairement à 39°,
pour décroître après petit à petit. Cet état fébrile persiste
pendant plusieurs semaines sans trop atteindre l’état général.
On note cependant un certain degré d’amaigrissement qui peut être très marqué chez certains malades.
Quelques signes fonctionnels, comme la toux, par exemple, peuvent persister ; l’expectoration par contre diminue considérablement et peut même manquer dès le début chez certains malades.
Quant aux signes physiques, ARR AIO A révèle parfois un gros souffle tubaire, accompagné de râles bulleux ; parfois simple diminution du murmure vésiculaire, sans
bruits surajoutés. | Les signes les plus constants sont fournis par l’examen
EL 0 G des
radiologique : il décèle l'existence d’une image plus ou moins triangulaire de topographie variable selon la localisation du foyer.
L'analyse bactériologique des crachats a ici une importance capitale. Car l’absence des bacilles de Koch est le meilleur argument pour infirmer le diagnoctic de tuberculose pulmonaire, qu’on est presque toujours tenté de poser dans ces cas.
Chez l'enfant on ne manquera pas de faire une cutiréaction, qui se montrera toujours négative.
L'évolution est très variable comme durée, elle peut s'étendre sur quelques semaines à quelques mois.
La température revient progressivement à la normale le sujet reprend des forces et du poids. Localement les signes physiques disparaissent et sous l'écran o1 voit l’ombre radiologique s’estomper de plus en plus, pour disparaître finalement sans laisser de trace.
Le pronostic est toujours favorable et il n’y a pas lieu d’instituer une thérapeutique spécifique.