‹ Poáemes des poilusChapitre 12 sur 16 · SOUVENIR RECONNAISSANT · texte numérisé non relu

SOUVENIR RECONNAISSANT

Je ne saurais chanter sur un rythme guerrier

Vos viriles vertus, Ô ma chère infirmière

Car je trouve qu’il est plus doux de vous parer

Des touchantes vertus divinisant la Mère.

” Pendant longtemps, n’écoutant que votre bonté,

Au grand enfant pour qui vous étiez maternelle

Votre charmante main a souvent apporté

De gracieux présents qui ne viennent que

d’elle.

Mais que sont ces présents devant le don sacré

Sans cesse répété du meilleur de votre âme ?

Ah, que ce jour est doux, puisqu'il m’a procuré

Le plaisir délicat de vous louer, Madame!

SOUVENIR RECONNAISSANT — continué

Votre fémininité me fut une douceur; La grâce, la pitié fleurissaient votre bouche, Et votre clair regard instillait en mon cœur La résignation me rivant à ma couche.

Rieuse ou grave, vous paraiïssiez devant mes yeux ;

Un rayon de soleil se jouait sur votre aile,

Ange de la Bonté. Et patient ou fiévreux,

Je vous suivais des yeux, attendri et fidèle.

Car vous symbolisiez pour mon cœur alangui

Par l'horreur des combats et la douleur amère

Mes amis, mes Parents; et j'aimais lorsqu’ici

Vous veniez près de moi, Ô Croisée de la Guerre.

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