BALLADE
Aïmables filles d'Amérique, Pour ceux qui sur le sol gaulois Dans une lutte âpre et tragique Défendent le monde et ses droits, Vous avez de votre main fine Cousu de jolis sacs, choisi Tous ces objets qu’on nous destine.
— À toutes de grand cœur: Merci.
Votre geste, après tout, s’explique,
Sœurs de ceux qu’on vit autrefois
Partir fiers, résolus, stoïques
Vers les grands lacs et les grands bois.
BALLADE — continué
Acceptant l'exil, la ruine,
Ils furent vainqueurs, eux aussi.
Par ces objets qu’on nous destine Vous luttez avec nous: Merci.
On dit que nous sommes épiques Et qu’on admire nos exploits.
Nous sommes surtout pacifiques ; Mais il faut les mettre aux abois, Ceux-là que le monde abomine.
Tant qu'ils ne crieront pas merci Sous le fer ou par la famine, Il faudra lutter: c’est ainsi.
ENVOI Princesses de la libre Amérique, Que vos cœurs entendent ici A travers le vaste Atlantique Nos cœurs qui vous disent merci.
E. Monter.
(Infirmier Militaire, Hôpital 18, Épinal, Vosges) [471
FRENCH LETTERS AND POSTCARDS
A letter received July, 1916.
“Mesdames les Américaines :
“C’est un pauvre petit capitaine de 30 ans qui vous écrit de son lit d'hôpital.
“I] à reçu une de vos chemises et sa reconnaissance agissante a grandi encore à la lecture des mots tout de bonté, joints à ce don heureux.
“Lui permettrez-vous d’être bien sincère jusqu’au bout en accueillant l’aveu que le billet lui est bien plus précieux que la chemise? Certes, nous ne doutons pas, et c’est ce qui nous donne tant de courage, que nous luttons pour une civilisation plus humaine. Le petit capitaine mutilé vous remercie du fond du cœur de votre bonté infinie. Il vous prie d’agréer, Mesdames
FRENCH LETTERS AND POSTCARDS
les Américaines, l'expression de ses sentiments respectueusement affectueux.