‹ Poâetique, ou, Introduction áa l'esthâetiqueChapitre 21 sur 24 · V. plus loin, note a · texte numérisé non relu

V. plus loin, note a

(170) Page 57.

\ . le Don Carlos, de Schiller.

(171) Page 61.

C'est ainsi que Méphistophélès se t'ait élégant et poli pour accompagner Faust.

(172) Page 06.

C'est ici le lieu de mentionner une des interprélat ions les plus téméraires et les plus nouvelles des intentions poétiques de wShakespeare. D'après un livre anonyme : « New exegesis of Shakespeare, interprétation ef fus principal characters and pîays on tfie principle of races » (Edimbourg, 1809), il aurait voulu personnifier dans ses drames les différentes nations de l'Europe. Iago serait le représentant de la famille romane (italienne) ; Hamlet, des Germains; Macbeth, de la race Celtique; Slvyloek, de la race juive, etc.

(173) Page 66.

< Debout, au milieu des Tro\ens rassemblés, Mé-

oélas surpassait l l\sse de toutes les épaules : assis, Ulysse avait plus de grandeur et de dignité. " [Iliade, ch. lil .

40 i NOTES ET COMMENTAIRES

(174) Page 68.

Amphora cœpit Inslitui, currente rota cur urceus exil ?

( Horace. )

(175) Page 68.

Stace, Fauteur de la Thébaïde, avait commencé une Achillèidc qui est restée inachevée ; nous n'en connaissons que les deux premiers chants. « Le plan, dit Schœll, en était défectueux ; le poëte n'avait pas choisi une action unique ; mais il se proposait de donner toute la vie de son héros. » Une autre Achillêide, entreprise par Goethe, a eu le même destin ; le poëte s'est arrêté après avoir fait sept ou huit cents hons vers. Il commençait où finit Homère , et devait chanter la mort d'Achille.

(176) Page 7t.

Percy, dans Henri IV ; Franz Moor, dans les Brigands ; la princesse d'Eboli,dans Don Carlos.

(177) Page 71.

Fuessli, peintre suisse, a fait une Galène de Milton en 47 tableaux, et une Galerie de Shakespeare, où il a représenté les plus belles scènes de ces deux poètes.

(178) Page 81.

Un rêve de fièvre, œgri somnia. Dans tout ce para-

graphe, Jean-Paul s'efforce d'établir que la conception des caractères doit précéder, dans L'imagination du poëte, la conception de l'action ; ses arguments peu- \ent se ramener à ceci, que, sans un caractère préconçu, le poète, au milieu de nulle laits possibles, n'aurait, comme l'âne de Buridan, aucun motif de choisir une action plutôt qu'une autre. Herder, qui est partisan de l'opinion contraire, se fonde sur la nature essentiellement concrète de la poésie, qui ne peut admettre que ce qui se manifeste dans des faits particuliers ou des actes individuels ; il ne fait en cela que développer les paroles d' \ristote : « Le poète n'invente pas une action pour arriver par là aux mœurs ; au contraire, il ne comprend les mœurs dans son œuvre qu'en vue de Faction. Ainsi l'action, ou la fable, est bien la fin de la tragédie ; or la fin est en toute chose ce qu'il y a de plus important. De plus, sans action il n'y a pas de tragédie, il peut v en avoir sans mœurs... Ajoutez que les plus puissants moyens d'émotion pour la tragédie, les péripéties et les reconnaissances, sont des éléments de l'action, lue autre preuve o'est que ceux qui commencent à eo i poser réussissent dans les mœurs, avant de créer des actions qui soient bonnes... Il est donc vrai que l'action est le principe et la fin de la tragédie ; les mœurs ne viennent qu'au second rang. » — (Poét.j ch. m.) — On pourrait ajouter que les caractères ne pouvant être saisis par l'imagination qu'en tant qu'ils se manifestent dans des actes particuliers, deviennent eux-mêmes des éléments de l'action ; de telle sorte que toute cette discussion revient à chercher si le tout doit être conçu avant la partie, ou la partie avant le tout.

Suivant cette théorie, la conception des caractères devrait nécessairement précéder la conception de l'action dans sa totalité ; mais, d'un autre côté, il y a d'autres éléments de Faction, plus essentiels, que le poëte imagine généralement avant tout.

(179) Page 83.

Cette manière de considérer la destinée et la fatalité, dans l'épopée et la tragédie, comme étant elles-mêmes des caractères ou des personnages aux prises avec les autres personnages de ces poèmes, est depuis longtemps répandue en Allemagne ; mais, en France, elle est presque une nouveauté. Cependant, des opinions analogues ont été récemment émises, notamment par M. Egger, sur le rôle de la fatalité dans les tragiques grecs.

(180) Page 84.

La suite, composée par Cervantes, parut en i6i5. L'autre, par Alonso Fernandez d'Avellaneda, qui avait été publiée en i6i4> était pleine d'invectives contre Cervantes lui-même.

(181) Page 85.

L'histoire devient une œuvre d'art et poétique, quand, au lieu de se borner à présenter des faits particuliers, soit distribués seulement suivantleurs rapports de temps et de lieux (histoire proprement dite ou empirique), soit en les rapportant aux lois des sciences morales (histoire

raisonnée ou philosophique), elle disposée! groupe des faits dans Le bul principal de nous intéresser soit au pro* grès et à la destinée de l'humanité tout entière (Bossuet, Eierder , soit à la destinée d'une nation, d'une société

(Hérodote, Thucydide, Tite-Live, et. en général les grands historiens de l'antiquité), soit même au sort d'un seul individu (Plutarque, Voltaire, Robertson, Schiller), ('/est cette dernière forme que Jean-Paul paraît désisigner, assez improprement d'ailleurs, sous le nom d'histoire dramatique.

Jean-Paul a ici en vue le Don Quichotte de Cervantes, qu'il a placé quelques pages plus haut (V. § 63) au nombre des épopées, et probablement aussi les autres romans célèbres des seizième et dix-septième siècles, tels que le Lazarille de Tonnes, le Guzman tVAlfarache par Aleman, X Historia del gran taquino par Quevedo, etc. Quant à la France, nous n'avons que faire de citer des titres. Qu'il nous suffise de rappeler qu'un grand nombre de caractères sont communs au roman et à l'épopée, qu'il est même difficile d'établir une limite précise entre ces deux genres, et que les raisons qui font donner à une œuvre un nom plutôt que l'autre se rapportent souvent à des circonstances purement extérieures et accidentelles. Cf. le § 70.

(183) Page 91.

Euripide chez les anciens, et A. G. Schlegel chez les

modernes, ont mis l'histoire d'Ion sur la scène. — On peut rapprocher les conseils de Jean-Paul de celui que donne Horace :

Keclius Uiacum carmen deducis in actus, Quam si proferres ignola indiclaque primus. Publica materies privali juris eril

(184) Page 91.

Ainsi on peut excuser Schiller d'avoir altéré les caractères de Fiesque, de Don Carlos, de Marie Stuart. Il faut le blâmer d'avoir modifié celui de Wallenstein. Dans sa Jeanne tC Arc, il a changé les événements, mais du moins conservé le caractère du personnage principal.

(185) Page 93.

Allusion aux recherches faites depuis le milieu du siècle dernier sur les chroniques et les autres sources anciennes où Shakespeare a puisé les matériaux de ses chefs-d'œuvre. Eschenburg a traduit Shakespeare en allemand.

(186) Page 95.

Les grammaires modernes ont en effet constaté que, dans plusieurs langues, par exemple en grec, en hébreu, etc., les formes du verbe qui servent à exprimer le passé paraissent plus simples et plus anciennes que celles qui servent à exprimer le présent, et quecesder-

Bières semblent être une dérivation des premières. Il est du reste facile d'assigner à ce fait des raisons psychologiques : le présent est insaisissable pour notre imagination, et l'expression de la pensée esl toujours postérieure à la pensée elle-même :

Le moment où je parle est déjà loin de moi.

Les formes du futur paraissent également dans certaines langues, et en particulier dans les langues slaves, en grec, etc., plus anciennes que celles du présent. — Voyexsur celte question liapp, Grundriss der Grammatik des indisch-europœUchen Sprac/tsi aminés [Stuttgart, i85a), t. 1, pp. 100, sq.

(187) Page 96.

Dans la Fiancée de Messine.

(188) Page 97.

Shakespeare s gaf/ery, série de gravures destinées à illustrer les œuvres de Shakespeare. — Schikaneder, directeur du théâtre de Vienne, est l'auteur du libretto tour à tour admiré et déprisé de la Flûte enchantée,

(189) Page 97 (note).

Dans ce passage du Jubelsenior, Jean-Paul traite de la différence qui existe entre le caractère du poète et

celui de l'acteur. Tous les détails horribles que nous permettons au poëte, en tant que purement poëte, de nous offrir, nous deviennent insupportables sur la scène où elles ne sont plus que dégoûtantes et ridicules. C'est pourquoi les tragiques français, comme ceux de l'antiquité, rejettent dans les coulisses toutes les actions violentes ; et ces violences devraient même être aussi rares et aussi limitées que possible.

(190) Page 99.

Jean-Paul refuse le nom de tragédies aux chœurs de Thespis interrompus par les récitatifs d'un seul acteur. On sait qu'Eschyle est le premier qui adjoignit un interlocuteur à l'acteur de Thespis. Dans la suite, à l'exemple de Sophocle, qui venait d'entrer en rivalité avec lui, il introduisit un troisième, et quelquefois même un quatrième acteur.

(191) Page 100.

Poétique, ch. v. — Ce ne sont pas là très-exactement les paroles d'Aristote. D'abord il n'a pas eu l'intention de donner une règle, mais seulement de constater l'usage des auteurs tragiques de son temps ; il ajoute même, sans accompagner cette assertion d'aucun blâme, qu'à une époque plus reculée, la tragédie avait, pour le temps, la même latitude que F épopée. En second lieu la limite d'un jour n'est pas indiquée avec autant de précision ; Aristote dit seulement que la tragédie s'efforce de se renfermer dans une révolution du soleil,

et que cependant il lui arrive quelquefois de dépasser un peu ces limites.

C'est principalement contre la Messiade de Klopstock que sont dirigées les critiques de Herder.

(193, Page 106.

Napoléon.

(194) Page 107.

Iliade, V, 856 sq. — XV, 355-36o. — VIII, 5 sq. — XX, 18 sq.

(195) Page 108.

Avec tous ses défauts, le Satan de Milton est encore, dans toute la poésie qui se rapporte à la mythologie chrétienne, le type le mieux réussi, et celui qui a le plus de force ; il devient même au fond le héros principal du Paradis perdu.

Mais il n'en est pas moins vrai que toute cette poésie séraphique et de démons rencontre un obstacle insurmontable dans la toute-puissance de Dieu; celle-ci rend tente résistance inconcevable, et par conséquent toute action impossible : nous sommes même choqués par le seul fait de l'existence du mal dans un monde si bien et si nuitamment gouverné. C'est pour ces rai- >ons que le Dante condamne son Satan, une fois vaincu,

à une inaction complète ; que le Tasse prend pour son enfer le Tartare des anciens ; que Calderon, Gœthe, Byron n'attribuent à leurs démons, pour lutter contre la bonté divine, qu'une puissance terrestre, passagère et conditionnelle ; et qu'enfin le dernier de ces poètes, voulant aller plus loin dans son Manfred, a l'ingénieuse précaution d'abandonner la mythologie chrétienne et de se jeter dans celle des Perses, qui, sous les noms d'Ormuzd et d'Ahrimàne, admet deux principes de puissance égale, subsistant indépendamment l'un de lautre, et ne pouvant ni s exclure ni s'absorber.

Les vingt chants de la Metsiade n'ont paru que successivement, entre les aimées 1748 et J77^' Salués comme l'aurore d'une nouvelle époque littéraire, les premiers chants furent accueillis avec enthousiasme ; mais cette admiration vint plus tard à se refroidir, nonseulement parce que dans les derniers chants l'action devient de plus en plus nulle, mais aussi parce que la jeune littérature du temps, une fois éveillée, s'empressait d'offrir à l'Allemagne d'autres productions d'une valeur aussi considérable, et en même temps moins sévères et plus intéressantes.

(197) Page 110.

lndignor quandoque bonus dormilat Homerus. Verum operi longo fas est obrepere somnum.

DES TRADUCTEURS. lia

[198] Page 111.

D'après la locution que l'auteur a l'habitude d'employer quand il veut parler de lui-même, il semblerait qu'il fait allusion ici à un passage d'un de ses romans. Mais il est cependant possible qu'il ait en vue le premier aete du Guillaume Tell de Schiller, où, au milieu d'une action vive et serrée, se prépare un violent orage avec tous ces indices terribles qui sont propres aux montagnes de la Suisse.

199) Page 118.

Poétique, cli. xxiv. — « Pour l'étendue de l'épopée, il faut que l'on puisse en embrasser d'une seule vue le commencement et la fin, ce qui arrivera si l'on comprend un peu moins de faits que n'en comprenaient les anciens poètes, et si l'on se rapproche de la durée totale des tragédies qui peuvent être représentées en une seule fois. » Telle est à peu près la traduction qui est généralement donnée de ce passage : mais selon nous elle n'est pas rigoureusement exacte, et tout nous porte à adopter une interprétation différente : nous croyons qu'Aristote n'a point voulu parler de la longueur de L'épopée quant à sa forme et au temps qu'elle exigerait pour être lue (ô &po; tou ur,/.ouç izposxry ai^Or^iv, cf. cil. vu), mais de son étendue quant à la matière et au nombre de faits qu'elle peut embrasser (ô opoçxoïï !xr,xouç xax' a<jr>,v rai itpotyfxaxoç). Il ne veut pas dire que l'épopée ne doit pas contenir un plus grand nombre de vers que

la série des tragédies faites pour être représentées ensemble; car il n'appartient pas plus à la poétique d'établir cette détermination, que délimiter le nombre de vers de la tragédie elle-même ( cf. ch. vu). Aristote exprime ici, quant à l'étendue de l'action ou plutôt des actions que l'épopée peut embrasser, une loi beaucoup plus ingénieuse, plus juste et plus conforme à son génie philosophique : Faction d'une tragédie, qui doit par elle-même être complète et constituer un tout, peut devenir une partie seulement, relativement à une action plus large répandue dans une série de tragédies, par exemple dans une trilogie. En appliquant à cette action générale les théories de la Poétique, on est conduit à dire que d'un côté cette action a plus de beauté que les actions particulières qu'elle comprend, parce qu'elle a plus de grandeur; mais que d'un autre côté elle doit elle-même recevoir une limite, et ne pas devenir tellement considérable que l'imagination n'en puisse saisir, d'un seul regard, le commencement, le milieu et la fin. C'est à cet ensemble de tragédies qu'Aristote compare l'épopée, et il assimile l'action ou plutôt l'ensemble des actions ('E7ro7rouxov cùcxr|fjt.a Xs'yo) to 7ToXuuuôov, ch. XVIll) que doit embrasser l'épopée à l'action générale, ou plutôt à l'ensemble des actions comprises dans une série de tragédies qui se continuent l'une l'autre. En somme, l'épopée doit contenir le plus grand nombre de faits possible, tout en remplissant ces deux conditions : i° que ces faits se rapportent à une action générale ; 2° que l'imagination en puisse toujours saisir l'ensemble. Nous regrettons que les limites d'une note ne nous permettent pas de développer toutes les raisons

philologiques et théorétiquesqui nous décidenl à adopter ce sens, confirmé Implicitement par les principes de la Poétique, et explicitement par un grand nombre de passages. Nous nous contenterons de Paire remarquer, et cela nous ramène à notre auteur, que si cette interprétation nouvelle ne permet plus à Jean-Paul de citer ce passage à l'appui de sa thèse, elle a, d'un autre côté, l'avantage de ne plus mettre gratuitement Aristote en contradiction avec le plus grand nombre des poètes épiques et des romanciers, sans en excepter Jean-Paul lui-même. Qui pourrait lire en un jour les 25,ooovers de la Messiade ou les 20,000 >ers du poème du Dante (qui, à la vérité, est plus lyrique qu'épique) ? La seule moitié achevée de la Fairy Queen de Spenser présente une somme de 3o, 000 vers, et TArioste, dans un poème qui n'est que la continuation d'un autre et qui attend lui-même une suite, en offre une série de 4°, 000. Qu'il nous suffise, pour la France, de rappeler que le roman de la Rose est dune longueur interminable, et que la Franciade de Ronsard, dont les quatre chants achevés renferment plus de 9,000 vers, devait avoir 1^ chants. Il n'est pas besoin de parler des romans.

(200) Page 118.

L'abbé d'Aubignac, commentant dans sa Pratique du théâtre ce même passage de la Poétique que Jean- Paul a cité plus haut (§ 66), demande sérieusement si \11M0te, quand il dit que la tragédie se renferme généralement dans les limites d'un jour, ne veut pas parle] d'un jour polaire. Est-ce que cette réflexion absurde

n'aurait pas suggéré à Jean-Paul une pensée ingénieuse, quoique assez étrange ?

(201) Page 120.

Hasedow, penseur original et même aventureux, entreprit, en Allemagne, sur les données de J.-J. Rousseau, une réforme universelle des systèmes pédagogiques. Ses idées nouvelles, malgré leur exagération, ont contribué «à la suppression d'un grand nombre d'abus. Sa méthode d'élever l'homme dès son enfance en vue de telle ou telle carrière spéciale a été tournée en ridicule par Gutzkow, dans son roman Basedow et ses fils.

(202) Page 122.

L'histoire de Fortunatus est un vieux conte populaire publié d'abord en allemand vers la fin du xve siècle, mais qui, d'après plusieurs critiques , aurait été traduit du français. (V. Gœrres , die Teutscheu Volksbûcher) (?). Tieck a écrit sur cette histoire un des meilleurs contes de son recueil intitulé Phantasus. Rappelons en passant que le conte fondé sur les traditions populaires est un des thèmes favoris de l'école romantique allemande.

(203) Page 124.

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