I.e mensonge envers toi redouble de vertige
Le sophiste au pilier du savoir te fustige ;
Et la dérision , riante , devant toi ,
A plié les genoux et t a salué roi !
S’effrayant de tes maux , la lâcheté royale ,
Te voyant recouvert d'une pourpre fatale ,
Le front environné des ronces du chemin ,
Et portant comme un sceptre un roseau dans ta main, Sous l’arche du prétoire elle te fait paraître , Croyant que la pitié te sauvera peut-être ;
Mais le peuple cruel devant toi rassemblé Une seconde fois s’est écrié : Toile!
Oh ! les Juifs , les auteurs de-ces premiers blasphèmes, N’ayant vu qu’un rayon de tes boutés suprêmes
a- Aü CHRIST.
Et du monde sauvé n’étant pas les témoins ,
Étaient moins criminels en te connaissant moins; Mais nous à qui ton œuvre en plein s’est fait connaître, Esclaves affranchis , nous tuons notre maître !
Et, loin d’en ressentir le plus chétif remords ,
On a frappé du pied la tombe des dieux morts ,
Afin que , réveillés , leur fétide poussière Vînt usurper ta place , ô vivante lumière !
Mais de ces dieux tombés les réduits ténébreux ,
Ne nous ont renvoyé qu’un son funèbre et creux, Bien plus désespérant que l’absolu silence ;
Et le trône des cieux est encore en vacance.
Toi seul pour l'occuper apparais assez grand...
Tu montes au milieu d’un peuple indifférent Au haut du Golgotha ! ! ! Pleurante sur ta trace,
Nulle femme ne vient pour t’essuyer la face.
Nul Simon , te voyant accablé sous ta croix ,
Ne s est offert afin d’en partager le poids.
Pour étancher ta soif, le fiel qu’on te présente Est cent fois plus amer à ta lèvre brûlante.
AU CHRIST
Rien , pas même un larron qui , t’aidant a mourir , Et demandant sa grâce à ton dernier soupir ,
Vienne , par cet appel à ta divine essence ,
Rappeler à la mort ta suprême puissance.
Le fils du dieu vivant, de néant couronné ,
A jamais de son père est-il abandonné !