‹ PoésiesChapitre 21 sur 57 · I.e mensonge envers toi redouble de vertige · texte numérisé non relu

I.e mensonge envers toi redouble de vertige

Le sophiste au pilier du savoir te fustige ;

Et la dérision , riante , devant toi ,

A plié les genoux et t a salué roi !

S’effrayant de tes maux , la lâcheté royale ,

Te voyant recouvert d'une pourpre fatale ,

Le front environné des ronces du chemin ,

Et portant comme un sceptre un roseau dans ta main, Sous l’arche du prétoire elle te fait paraître , Croyant que la pitié te sauvera peut-être ;

Mais le peuple cruel devant toi rassemblé Une seconde fois s’est écrié : Toile!

Oh ! les Juifs , les auteurs de-ces premiers blasphèmes, N’ayant vu qu’un rayon de tes boutés suprêmes

a- Aü CHRIST.

Et du monde sauvé n’étant pas les témoins ,

Étaient moins criminels en te connaissant moins; Mais nous à qui ton œuvre en plein s’est fait connaître, Esclaves affranchis , nous tuons notre maître !

Et, loin d’en ressentir le plus chétif remords ,

On a frappé du pied la tombe des dieux morts ,

Afin que , réveillés , leur fétide poussière Vînt usurper ta place , ô vivante lumière !

Mais de ces dieux tombés les réduits ténébreux ,

Ne nous ont renvoyé qu’un son funèbre et creux, Bien plus désespérant que l’absolu silence ;

Et le trône des cieux est encore en vacance.

Toi seul pour l'occuper apparais assez grand...

Tu montes au milieu d’un peuple indifférent Au haut du Golgotha ! ! ! Pleurante sur ta trace,

Nulle femme ne vient pour t’essuyer la face.

Nul Simon , te voyant accablé sous ta croix ,

Ne s est offert afin d’en partager le poids.

Pour étancher ta soif, le fiel qu’on te présente Est cent fois plus amer à ta lèvre brûlante.

AU CHRIST

Rien , pas même un larron qui , t’aidant a mourir , Et demandant sa grâce à ton dernier soupir ,

Vienne , par cet appel à ta divine essence ,

Rappeler à la mort ta suprême puissance.

Le fils du dieu vivant, de néant couronné ,

A jamais de son père est-il abandonné !

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