UN SOIR D’HIVER
Quand , le pan du manteau jeté sur le visage ,
On va l’esprit distrait par cet accord errant;
Qu’on voit à chaque coin , vous barrant le passage Un homme , chapeau bas , qui vous dit en pleurant
« Si je n’avais chez moi que ma propre misère « A des jours malheureux j’aurais déjà mis fin ;
« Mais le ciel m’envoya des enfans , je suis père :
« Donnez-moi quelques sous pour apaiser leur faim ! >
Et que l’on voit pourtant des lustres des soirées Les fenêtres en feu changer la nuit en jour ,
Et de jeunes beautés élégamment parées L’ombre voluptueuse y passer tour a tour ;
Que I on entend rouler l’opulente voiture Qui fait briller l’éclat de son double fanal ,
Comme sur un sein nu les yeux de la luxure , Lorsque le bal s’échauffe et fait quitter le schall.