‹ PoésiesChapitre 30 sur 57 · UN SOIR D’HIVER · texte numérisé non relu

UN SOIR D’HIVER

Quand , le pan du manteau jeté sur le visage ,

On va l’esprit distrait par cet accord errant;

Qu’on voit à chaque coin , vous barrant le passage Un homme , chapeau bas , qui vous dit en pleurant

« Si je n’avais chez moi que ma propre misère « A des jours malheureux j’aurais déjà mis fin ;

« Mais le ciel m’envoya des enfans , je suis père :

« Donnez-moi quelques sous pour apaiser leur faim ! >

Et que l’on voit pourtant des lustres des soirées Les fenêtres en feu changer la nuit en jour ,

Et de jeunes beautés élégamment parées L’ombre voluptueuse y passer tour a tour ;

Que I on entend rouler l’opulente voiture Qui fait briller l’éclat de son double fanal ,

Comme sur un sein nu les yeux de la luxure , Lorsque le bal s’échauffe et fait quitter le schall.

Page 1