‹ PoésiesChapitre 38 sur 57 · SOL VENIR D'UN SOIR · texte numérisé non relu

SOL VENIR D'UN SOIR

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N'a fait si suave caresse ,

Et des sphères du ciel l’hymne silencieux Ne me versa pareille ivresse.

D’un délice inconnu tout mon être est saisi ,

Et dans l’extase qui l'oppresse ,

Mon ame est prête à demander merci.

Elle se tut : son œil abaissa sa paupière ;

Et glissant à travers la touffe bocagère ,

Sur sa bouche entrouverte et sur son front charmant L'astre des nuits fit tomber sa lumière ,

Et ressentant soudain même ravissement ,

Je la trouvais mille fois plus jolie ,

Et je baisais sa main , tombais a ses genoux.

Et de mes premiers jours la compagne chérie ,

Dès ce moment divin , ne fut plus mon amie ,

Mais quelque chose de plus doux.

Et depuis lors ? j’ai vu mourir plus d’une fête >

Goûté de plus d’un soir la suave splendeur;

Mais de tous ceux dont l’ombre a passé sur ma tête , Celui-l'a seulement est resté dans mon cœur.

OViSBI W.

Uttnes.

A Mc Bil E^MAïïMHIïyB,

NIMES

Poète au regard d'aigle , Herschell harmonieux Qui mets d’autres soleils aux poétiques deux ,

Qui , ravisseur d’un rhythme enfermé dans la nue7 Fais vibrer sur la lyre une corde inconnue ,

Fixes dans notre esprit cet hymne sans pareil ?

Qu’on entendait en rêve et cherchait au réveil ,

Cet hymne qu’a travers la nuit et le mystère ,

Les anges rarement confiaient a la terre ,

NIMES

Est-il vrai que ta lettre a daigné m’envoyer Que tu viendrais t’asseoir a mon humble foyer ,

Et visiter nos champs , notre ville embellie ,

Ce fragment détaché des bords de ntalie ,

Où le ciel , se peignant d’un éternel azur ,

Est presque monotone à force d’être pur ,

Où , tout intelligence , on ne vit que par l’ame ,

Où ? sous des cheveux noirs , brillent des yeux de flamme y Où la misère sobre et portant la fierté Que donne a ses enfans le Dieu de vérité ,

Dédaignant le nectar qui pend 'a nos collines ,

Convive de la foi s'enivre de doctrines ,

N’arme jamais son bras pour demander du pain ;

Ce n’est que de l’esprit qu’elle ressent la faim.

Peut-être on t’aura dit que , dans sa frénésie ,

L’émeute ayant chez nous le droit de bourgeoisie , Hurle en nos boulevards , comme en un cirque ardent Un taureau furieux qu’a frappé le trident Mais ? dans nos tristes jours , quel ciel est sans orages ?

NIMES

Quelle mer de ses flots n’ébranle ses rivages?

Quel sol ne retentit des plaintes du tombeau?

Quel fleuve de remords n’entend gémir son eau ?

Ah î viens pour adoucir nos âmes indomptables , Comme ces vents du nord qui soulèvent nos sables : Ta lyre , célébrant la concorde pour nous ,

Grand homme , nous verrait tomber à tes genoux , Viens , ici tout t’attend pour t’offrir une fête :

Les lauriers de nos champs pour ombrager ta tète ; La muse ; qui jadis eut un temple en ce lieu ,

Pour prodiguer l’encens en retrouvant son Dieu ; Tous ces demi-soleils, enfans de ton système ,

Pour te voir de plus près dans ta splendeur suprême, Et les restes pompeux de l’antique cité ,

Pour s’offrir a tes yeux sous leur plus grand côté.

Nous n’avons pas ici de hautes cathédrales ,

Ni de vieux monastère aux sombres corridors ,

NÎMES

Où l’on dit qu a minuit se soulèvent les dalles Couvertes des blasons des morts ;

Ni découpés a jour des clochers dont les pointes Dans les deux envahis montent avec orgueil ;

Ni chevaliers de pierre a genoux , les mains jointes Au pied d’un gothique cercueil ;

Ni madone des bois où jamais châtelaine Pour un époux absent vainement ne pria ?- Où le pâtre en passant ôte un bonnet de laine Et dit un Ave Maria ;

Ni château crénelé dont la verte muraille Se hérisse de tours et de mâchicoulis ,

Que la vague des mers incessamment assaille De ses monotones roulis.

Mais la Rome païenne ici vit tout entière ;

Ici son aigle au vol dispensateur des fers ,

NIMES

A laissé plus avant l'empreinte de sa serre Qu en aucun lieu de l'univers.

Tu verras des palais , des cirques et des temples , Jusque dans la poussière un noble souvenir,

Et le passé partout étalant des exemples A terri G er l’avenir.

La les fronts abaissés des portes triomphales ,

Aux sommités du jour promettant meme sort ;

Ici des dieux mêlés aux urnes sépulcrales,

Tristes alliés de la mort ;

L arène où s'égorgeaient le Gaulois et le Thracc, Contens d’être applaudis avant que de mourir , Devant ce peuple-roi qui voulait qu’avec grâce On rendît le dernier soupir ;

Les gradins qu’inondait la robe orientale Des chevaliers couverts de suaves parfums ,

NIMES

Et qui venaient , mêlés a la beauté vénale , Charmer leurs ennuis importuns ;

Brillans efféminés , qu’on ne pouvait distraire ; Tant l’abus du plaisir avait blasé leur cœur,

Que par l’émotion d'un drame sanguinaire Où la mort seule était acteur ;

Et puis la basilique à la frise élégante,

Semblable au dieu bruni des feux de l’encensoir ; Des chapiteaux a jour dont les feuilles d’acanthe Semblent trembler au vent du soir ;

Et le temple croulant de la triple déesse ,

Dans un bosquet riant étalant ses douleurs ,

Et qui s’offre couvert d’une ombre enchanteresse , Comme un front ridé sous des fleurs ;

Ruines où le soir vient réver le poète ,

NIMES

Débris qui sert d'asile a de moindres débris 1 , Comme un prince exilé donne encor la retraite A de misérables proscrits.

Diane, poursuivant son nocturne voyage,

Semble y chercher encor d'un rayon désolé ,

Sur son autel fendu par le figuier sauvage ;

Un encens qui s'est envolé.

Et la tour qui s'élance aux célestes campagnes ,

Dont le hardi sommet est voisin des éclairs , L’aqueduc qui nivelle et qui joint deux montagnes, Et porte l’onde dans les airs.

Et près de ses débris que le temps fait dissoudre,

La nouvelle cité brillante de splendeur ,

l. L’enceinte du temple de Diane est une espèce de musée où 1 on a rassemblé des torses de statues, des tronçons de colonn. s, des fragmens de chapiteaux, etc.

NIMES

Comme a côté d un tronc consumé par la foudre Un rejeton plein de verdeur.

in.

Dans le quartier brillant que peuple le dimanche ,

Le théâtre élalant sa colonnade blanche ;

D’opuîens ateliers , de larges boulevards ,

Ou sans peine de front pourraient voler vingt chars ; De vastes hôpitaux où le secours abonde , *

Où le ciel a mis Fange au service du monde ,

Où de l’isolement adoucissant l’horreur,

L’orphelin dit encore ou ma mère ou ma sœur ;

Des ondes circulant en un jardin splendide ?

Enfant miraculeux de la verge d’Armide ;

Des balustres d’albâtre entourant des bassins ,

Un parterre en volute égarant ses dessins ,

Et des hauts marronniers aux branches colossales , Où parmi les bouquets de fleurs pyramidales ,

Du rossignol craintif le chant est exhalé

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