SOL VENIR D'UN SOIR
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N'a fait si suave caresse ,
Et des sphères du ciel l’hymne silencieux Ne me versa pareille ivresse.
D’un délice inconnu tout mon être est saisi ,
Et dans l’extase qui l'oppresse ,
Mon ame est prête à demander merci.
Elle se tut : son œil abaissa sa paupière ;
Et glissant à travers la touffe bocagère ,
Sur sa bouche entrouverte et sur son front charmant L'astre des nuits fit tomber sa lumière ,
Et ressentant soudain même ravissement ,
Je la trouvais mille fois plus jolie ,
Et je baisais sa main , tombais a ses genoux.
Et de mes premiers jours la compagne chérie ,
Dès ce moment divin , ne fut plus mon amie ,
Mais quelque chose de plus doux.
Et depuis lors ? j’ai vu mourir plus d’une fête >
Goûté de plus d’un soir la suave splendeur;
Mais de tous ceux dont l’ombre a passé sur ma tête , Celui-l'a seulement est resté dans mon cœur.
OViSBI W.
Uttnes.
A Mc Bil E^MAïïMHIïyB,
NIMES
Poète au regard d'aigle , Herschell harmonieux Qui mets d’autres soleils aux poétiques deux ,
Qui , ravisseur d’un rhythme enfermé dans la nue7 Fais vibrer sur la lyre une corde inconnue ,
Fixes dans notre esprit cet hymne sans pareil ?
Qu’on entendait en rêve et cherchait au réveil ,
Cet hymne qu’a travers la nuit et le mystère ,
Les anges rarement confiaient a la terre ,
NIMES
Est-il vrai que ta lettre a daigné m’envoyer Que tu viendrais t’asseoir a mon humble foyer ,
Et visiter nos champs , notre ville embellie ,
Ce fragment détaché des bords de ntalie ,
Où le ciel , se peignant d’un éternel azur ,
Est presque monotone à force d’être pur ,
Où , tout intelligence , on ne vit que par l’ame ,
Où ? sous des cheveux noirs , brillent des yeux de flamme y Où la misère sobre et portant la fierté Que donne a ses enfans le Dieu de vérité ,
Dédaignant le nectar qui pend 'a nos collines ,
Convive de la foi s'enivre de doctrines ,
N’arme jamais son bras pour demander du pain ;
Ce n’est que de l’esprit qu’elle ressent la faim.
Peut-être on t’aura dit que , dans sa frénésie ,
L’émeute ayant chez nous le droit de bourgeoisie , Hurle en nos boulevards , comme en un cirque ardent Un taureau furieux qu’a frappé le trident Mais ? dans nos tristes jours , quel ciel est sans orages ?
NIMES
Quelle mer de ses flots n’ébranle ses rivages?
Quel sol ne retentit des plaintes du tombeau?
Quel fleuve de remords n’entend gémir son eau ?
Ah î viens pour adoucir nos âmes indomptables , Comme ces vents du nord qui soulèvent nos sables : Ta lyre , célébrant la concorde pour nous ,
Grand homme , nous verrait tomber à tes genoux , Viens , ici tout t’attend pour t’offrir une fête :
Les lauriers de nos champs pour ombrager ta tète ; La muse ; qui jadis eut un temple en ce lieu ,
Pour prodiguer l’encens en retrouvant son Dieu ; Tous ces demi-soleils, enfans de ton système ,
Pour te voir de plus près dans ta splendeur suprême, Et les restes pompeux de l’antique cité ,
Pour s’offrir a tes yeux sous leur plus grand côté.
Nous n’avons pas ici de hautes cathédrales ,
Ni de vieux monastère aux sombres corridors ,
NÎMES
Où l’on dit qu a minuit se soulèvent les dalles Couvertes des blasons des morts ;
Ni découpés a jour des clochers dont les pointes Dans les deux envahis montent avec orgueil ;
Ni chevaliers de pierre a genoux , les mains jointes Au pied d’un gothique cercueil ;
Ni madone des bois où jamais châtelaine Pour un époux absent vainement ne pria ?- Où le pâtre en passant ôte un bonnet de laine Et dit un Ave Maria ;
Ni château crénelé dont la verte muraille Se hérisse de tours et de mâchicoulis ,
Que la vague des mers incessamment assaille De ses monotones roulis.
Mais la Rome païenne ici vit tout entière ;
Ici son aigle au vol dispensateur des fers ,
NIMES
A laissé plus avant l'empreinte de sa serre Qu en aucun lieu de l'univers.
Tu verras des palais , des cirques et des temples , Jusque dans la poussière un noble souvenir,
Et le passé partout étalant des exemples A terri G er l’avenir.
La les fronts abaissés des portes triomphales ,
Aux sommités du jour promettant meme sort ;
Ici des dieux mêlés aux urnes sépulcrales,
Tristes alliés de la mort ;
L arène où s'égorgeaient le Gaulois et le Thracc, Contens d’être applaudis avant que de mourir , Devant ce peuple-roi qui voulait qu’avec grâce On rendît le dernier soupir ;
Les gradins qu’inondait la robe orientale Des chevaliers couverts de suaves parfums ,
NIMES
Et qui venaient , mêlés a la beauté vénale , Charmer leurs ennuis importuns ;
Brillans efféminés , qu’on ne pouvait distraire ; Tant l’abus du plaisir avait blasé leur cœur,
Que par l’émotion d'un drame sanguinaire Où la mort seule était acteur ;
Et puis la basilique à la frise élégante,
Semblable au dieu bruni des feux de l’encensoir ; Des chapiteaux a jour dont les feuilles d’acanthe Semblent trembler au vent du soir ;
Et le temple croulant de la triple déesse ,
Dans un bosquet riant étalant ses douleurs ,
Et qui s’offre couvert d’une ombre enchanteresse , Comme un front ridé sous des fleurs ;
Ruines où le soir vient réver le poète ,
NIMES
Débris qui sert d'asile a de moindres débris 1 , Comme un prince exilé donne encor la retraite A de misérables proscrits.
Diane, poursuivant son nocturne voyage,
Semble y chercher encor d'un rayon désolé ,
Sur son autel fendu par le figuier sauvage ;
Un encens qui s'est envolé.
Et la tour qui s'élance aux célestes campagnes ,
Dont le hardi sommet est voisin des éclairs , L’aqueduc qui nivelle et qui joint deux montagnes, Et porte l’onde dans les airs.
Et près de ses débris que le temps fait dissoudre,
La nouvelle cité brillante de splendeur ,
l. L’enceinte du temple de Diane est une espèce de musée où 1 on a rassemblé des torses de statues, des tronçons de colonn. s, des fragmens de chapiteaux, etc.
NIMES
Comme a côté d un tronc consumé par la foudre Un rejeton plein de verdeur.
in.
Dans le quartier brillant que peuple le dimanche ,
Le théâtre élalant sa colonnade blanche ;
D’opuîens ateliers , de larges boulevards ,
Ou sans peine de front pourraient voler vingt chars ; De vastes hôpitaux où le secours abonde , *
Où le ciel a mis Fange au service du monde ,
Où de l’isolement adoucissant l’horreur,
L’orphelin dit encore ou ma mère ou ma sœur ;
Des ondes circulant en un jardin splendide ?
Enfant miraculeux de la verge d’Armide ;
Des balustres d’albâtre entourant des bassins ,
Un parterre en volute égarant ses dessins ,
Et des hauts marronniers aux branches colossales , Où parmi les bouquets de fleurs pyramidales ,
Du rossignol craintif le chant est exhalé