‹ PoésiesChapitre 51 sur 57 · A M. COLIN · texte numérisé non relu

A M. COLIN

L’olivier maladif , à ses branches chétives ,

N’y montre , en la saison, que de rares olives ,

Et si maigres que l’œil souffre à les regarder ;

Son tronc se rabougrit, a la poussière en proie , Comme l’enfant trouvé que Manchester envoie Vieillir avant le temps dansl’usine h carder.

Là, sous l’arche d’un pont par ses feux calcinée,

Vit des Bohémiens la tribu basanée ,

Pêle-mêle avec l’âne aux flancs secs .et velus.

Des femmes aux cheveux crépus, aux mains suspectes, Dépècent des quartiers de charognes infectes Que les chiens ont flairés et qu’ils n’ont pas voulus.

La j’ai vu s’accroupir tes deux vieilles sorcières ,

Et lu sur leurs fronts noirs , dans leurs fauves paupière! Le drame que l’enfer a joué dans leur cœur :

Feux lubriques soufflés sur la vierge novice ; Nouveau-né que l’on sèvre avec un maléfice ,

Et qui , dans quelques jours , se décolore et meurt.

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