A TOUS CEUX
Qui , changeant ses accords , reste toujours le môme Chantre vraiment divin dont l’œuvre illimité Fait prendre au sérieux son immortalité,
Dont la lyre épancha de ses cordes fécondes Des strophes de soleils et des hymnes de mondes ,
Et dont l’ombre , en passant , sur leur immensité Dispensa la splendeur , la vie et la beauté.
Oh ! la muse qui tombe en cette idolâtrie ,
Veuve des eaux du ciel , sera bientôt flétrie ;
Du SUPERBE VIOL dont parle Alighieri ,
Son orgueil s’est repu , mais son ame a péri :
Emule de Satan , son cantique sublime ,
Commencé dans le ciel , se finit dans l'abîme ;
Et, fils de ladumière , adopte par la nuit ,
11 enrichit l’enfer de son farouche ennui,