V. 1786. — Tomálos (ou tomallos ) pour tomarlos
V. 1788. — Texte de Sanchez : el Campeador, etc. Faute d’impression, sans nul doute : l’article doit indiquer nécessairement un régime indirect.
V. 1789. — Par ce mot otorgados (octroyés), le poète veut dire que ces chevaux revenaient légalement au Cid, d’après la coutume, pour son cinquième .
V. 1800.— Deux observations sur ce vers. — i° Croviese. Le poète, au lieu du présent du sub-
Soit tentes , soit armes et vêtements précieux ,
On trouve tant de cela , que c’est chose considérable.
Je veux vous dire ce qui est plus important : .
1785 Ils ne purent savoir le compte de tous les chevaux,
Qui vont enharnachés, et il n’y a personne pour les prendre.
Les Mores du pays ont gagné là beaucoup.
Malgré tout cela , au Campéador renommé Des bons il échut, pour sa part, mille et cinq cents chevaux. 1790 Puisqu’à Mon Cid il en échut en si grand nombre,
Les autres peuvent bien demeurer satisfaits.
Combien de tentes précieuses et combien de pieux ouvrés Il a gagné , Mon Cid , ainsi que tous ses vassaux !
La tente du roi de Maroc, qui de toutes est la principale,
1795 Deux pieux la supportent, [qui] sont ouvrés avec de l’or.
Mon Cid Ruy Diaz ordonna que cette tente demeurât dressée ,
Et que nul Chrétien de là ne l’emportât.
ff Une telle tente que celle-là , qui de Maroc est venue ,
ff Je la veux envoyer à Alphonse le Castillan,
1800 tr Afin qu’il croie les nouvelles de Mon Cid qui a quelque chose, » Avéc toutes ces grandes richesses, ils sont entrés à Valence. L’évêque don Hiéronyme , Excellent tonsuré ,
Comme il est fatigué d’avoir combattu avec ses deux mains,
Il ne sait pas le compte des Mores qu’il a tués. i8o5 Ce qui lui échut, à lui, était fort considérable :
Mon Cid don Rodrigue , celui qui en bonne heure naquit ,
De tout son cinquième lui a fait donner la dîme.
Joyeuses sont dans Valence les troupes chrétiennes ,
Tant elles ont d’argent monnayé, de chevaux et d’armes.
1810 Joyeuse est doña Chimène, ainsi que ses deux filles,
Et toutes les autres dames qu’on tient pour mariées.
Ce brave de Mon Cid n’y mit aucun retard :
«•Où êtes-vous, Excellent? venez ici, Minaya.
jonctif, emploie le plus-que-parfait, pour le besoin de son vers. — 90 Mió Cid. Voyez les vers 1 1Ü9 et 1987.
V. 1802. — Jusqu’à présent, le poète n’a donné ce titre de Caboso (l’ Excellent) qu’au Cid et à Minaya.
V. 1808. — Le poète, en passant à un autre épisode, change d’assonance. Il y a là une intention artistique à remarquer.
V. 1811. — Au lieu de que tienen por casada s , peut-être faut-il lire : que s tienen por casadas (car elles se tiennent pour mariées).
De lo que à vos caió vos non gradecedes nada.
1 8 1 5 Desta mi quinta, digovos sin falla,
Prendet lo que quisieredes , lo otro remanga :
E eras à la mañana yrvos hedes sin falla ,
Con C. C. cavallos desta quinta que yo he ganada,
Con siellas è con frenos è con sennas espadas ,
1890 Por amor de mi mugier è de mis fijas amas :
Porque así las embió dond ellas son pagadas.
Estos docientos cavallos irán en presentaia,
Que non diga mal el rey Alfonso del que Valencia manda.
Mandó à Pero Bermuez que fuese con Minaya.
1825 Otro dia mañana privado cavalgaban,
E docientos omes beban en su compaña,
Con saludes del Cid que las manos le besaba.
Desta lid que ha arrancada C. C. cavallos le embiaba en presentaia, E servirlo ha siempre mientra que oviese el alma. i83o Salidos son de Valencia è piensan de andar.
Talles ganancias traen que son à aguardar.
Andan los dias è las noches, è pasada han la sierra Que las otras tierras parte.
Por el rey don Alfonso tomanse à preguntar.
1 835 Pasando van las sierras è los montes è las aguas :
Legan à Valadolid do el rey Alfonso estaba.
Embiabanle mandado Pero Bermuez è Minaya,
Que mandase recebir à esta compaña :
Mió Cid el de Valencia embia su presentaia.
18 '10 Alegre fue el Rey, non viestes atanto.
Mandó cavalgar apriesa à todos sos fijosdalgo.
Hy en los primeros el Rey fuera dió salto,
A ver estos mensaies del que en buen ora násco.
Los infantes de Carrion , sabet , y s’acercaron ,
18/4.5 El conde don Garcia so enemigo malo.
V. 1818. — Le texte de Sanchez porte tout simplement : Con cavallos , etc. Le chiffre aura été oublié par le copiste. (Voyez les vers 1829 et 1828.)
V. 1821. — Sanchez écrit embio sans accent; ce qui met le verbe à la première personne de
l’indicatif présent, et rend la phrase inintelligible.
V. 1829. — Texte de Sanchez : E servirlo he siempre, etc. (et toujours je le servirai, etc.). Faute typographique, sans doute. C’est le narrateur
« Pour ce qui vous est échu vous ne devez aucun remercîment. i8i5 «Sur ce mien cinquième, je vous [le] dis sans faute ,
« Prenez ce que vous voudrez , en laissant le reste ;
« Et demain au matin allez-vous-en sans faute ,
« Avec deux cents chevaux de ce cinquième que j’ai gagné ,
« Avec leurs selles et leurs freins , et chacun une épée ,
1820 «Pour l’amour de ma femme et de mes deux filles;
«Parce qu’il les a envoyées de façon quelles sont satisfaites.
«Ces deux cents chevaux iront en présent,
«Afin que le roi Alphonse ne dise point de mal de celui qui gouverne Valence.» Il ordonna à Pero Bermuez qu’il allât avec Minaya. i8a5 Le jour suivant, au matin, ils chevauchent promptement,
Et emmènent en leur compagnie deux cents hommes,
Avec les saluts du Cid , qui au Roi baisait les mains.
De cette bataille qu’il a gagnée il lui envoie en présent deux cents chevaux,
Et il le servira toujours tant qu’il aura vie. i83o Ils sont sortis de Valence, et pensent à marcher.
Us mènent un tel butin qu’il est à considérer.
Ils vont le jour et la nuit, et ont traversé la sierra Qui sépare les autres terres.
Touchant le roi don Alphonse ils se prennent à s’informer.
1 835 Ils vont passant les sierras, et les montagnes, et les rivières;
Ils arrivent à Valladolid , où se tenait le roi Alphonse.
Pero Bermuez et Minaya lui envoyèrent un message,
Afin qu’il mandât recevoir cette compagnie :
«Mon Cid, celui de Valence, envoie son présent.» i84o Joyeux fut le Roi; vous n’avez rien vu de pareil.
U ordonna à tous ses gentilshommes de chevaucher promptement.
Là , des premiers , le Roi s’élança dehors ,
Pour voir ces messages de celui qui en bonne heure naquit.
Les infants de Carrion , sachez , s’approchèrent de là , i845 [Et] le comte don Garcia, son méchant ennemi.
qui parle en son propre nom , et non pas le Cid.
V. i83&. — Au lieu de tomanse, le manuscrit primitif portait probablement tórname. Le verbe tornar est fréquemment employé en pareil cas dans le Poème.
Y. 18/10. — On remarquera encore ici un heureux changement d’assonance.
V. 1 845. — Voyez les vers 1 353 et suivants.— Le poète, comme il lui arrive souvent, a élidé la conjonction è, pour l’euphonie.
A los unos place è à los otros va pesando.
A oio lo avien los del que en buen ora násco.
Cuedanse que es almofalla, ca non vienen con mandado. El rey don Alfonso seyse sanctiguando.
i8£>o Minaya è Pero Bermuez adelante son legados.
Firieronse à tierra, decendieron de los cavallos.
Ant’ el rey Alfonso los binoios fincados.
Besan la tierra è los pies amos.
Merced, rey Alfonso, sodes tan ondrado :
1 855 Por Mió Cid el Campeador todo esto vos besamos.
A vos lama por señor, è tiene s por vuestro vasallo. Mucho precia la ondra el Cid quel’ avedes dado.
Pocos dias ha, Bey, que una lid ha arrancado A aquel rey de Marruecos Yucef por nombrado. i86o Con cinquenta mili arrancólos del campo.
Las ganancias que fizo mucho son sobeianas :
Bicos son venidos todos los sos vasallos :
E enbiavos docientos cavallos, è besavos las manos.
Dixo el rey don Alfonso : recibolos de grado.
1 865 Gradescolo à Mió Cid que tal don me ha embiado.
Aun vea ora que de mi sea pagado.
Esto plógo à muchos è besáronle las manos.
Pesó al conde don García , è mal era yrado.
Con X. de sos parientes aparte daban salto.
1870 Maravilla es del Cid que su ondra crece tanto.
En la ondra que él ha nos seremos abiltados.
Por tan viltadamientre vencer reyes del campo ,
Como si los falase muertos aducirse los cavallos !
Por esto que él face nos havremos embargo.
1875 Fabló el rey don Alfonso, è dixo esta razón :
Grado al Criador è al señor Sant Esidro el de León , Estos docientos cavallos quem’ embia Mió Cid.
V. 18 48. — Comme le poète nous a dit (v. 1837) que Pero Bermuez et Minaya ont envoyé au Roi un message, il veut sans doute parler ici d’un héraut, d’un sauf-conduit, que le Roi aurait dû à son tour leur envoyer. Ce passage est un peu obscur.
V. 1849.— Aulieu de seyse, il faut, je crois, lire seyese ou seye s. (Voyez le vers 2288.) Sanchez, dans l'Index placé à la fin du second volume de sa Colección , indique fort bien le sens de seye ( estaba , il se tenait), en le faisant venir de seer ou ser.
Aux uns cela plaît, et les autres s’en affligent.
Ils le voyaient, ceux de celui qui en bonne heure naquit.
On pense que c’est une armée , car ils ne viennent pas avec un héraut. Le roi don Alphonse se tient se signant.
85o Minaya et Pero Bermuez sont arrivés en sa présence.
Ils descendirent de leurs chevaux, ils mirent pied à terre.
Agenouillés devant le roi Alphonse ,
Ils baisent la terre, et les deux pieds [du Roi].
« Merci, roi Alphonse, vous êtes très-honoré;
855 «Pour Mon Cid le Campéador, tout cela nous vous baisons, r II vous proclame son seigneur, et se tient pour votre vassal. frLe Cid apprécie beaucoup l’honneur que vous lui avez donné, ffll y a peu de jours, Roi, qu’il a gagné une bataille rr Sur ce roi de Maroc qui a nom Yucef.
860 ff Ainsi que [ses] cinquante mille [hommes], il l’a vaincu dans le champ, tr Le butin qu’il a fait est très-considérable ; tf Riches sont devenus tous les siens vassaux;
<r Et il vous envoie deux cents chevaux, et vous baise les mains.»
Le roi don Alphonse dit : rr Je les reçois volontiers!
865 ff Je remercie Mon Cid qui m’a envoyé un tel don.
ffMême, puissé-je voir l’heure où il soit de moi récompensé!»
Cela plut à beaucoup , et ils lui baisèrent les mains.
Le comte don Garcia en eut de l’ennui , et il était malement irrité. Avec dix de ses parents, ils sortirent à part.
870 ff C’est merveille que du Cid l’honneur croisse tant. ffPar l’honneur qu’il a nous serons avilis. ffPour avoir si misérablement vaincu des rois dans le champ, ff Envoyer ici leurs chevaux comme s’il les eût tués ! ffPour ce qu’il fait nous aurons de l’embarras.»
875 Le roi don Alphonse parla, et il dit ces paroles :
tf Je rends grâces au Créateur, .et au seigneur saint Isidore de Léon, ft De ces deux cents chevaux que m’envoie Mon Cid.
V. i85i. — Ici, comme aux vers 1889 et ig3i, le poète place en ordre inverse deux circonstances différentes du récit, pour le besoin de l’assonance.