‹ Poe˜me du CidChapitre 145 sur 182 · V. 2936. — Sanchez met un point à ia fin de ce vers · texte numérisé non relu

V. 2936. — Sanchez met un point à ia fin de ce vers

V. 2937. — Sanchez écrit d’un seul mot : ellos (eux). Dans les anciens manuscrits espagnols on trouve souvent redoublée VI initiale

des mots. Dans le Poema de Alexandre, on ht llo pour lo. Les copistes redoublaient également IV et 1 y initiales.

V. 29&0. — Sanchez, celte fois, écrit por al (en deux mots). Nous avons vu ici la préposition

il trouva le Roi dans Sant-Fagunt.

Roi il est de Castille , et roi il est de Léon ,

2935 Et bien, aussi, des Asturies à San-Salvador.

Jusque dans Saint-Jacques, de tout il est seigneur,

Et les comtes galiciens le tiennent pour seigneur.

Dès qu’il eut mis pied à terre, ce Muño Gustioz,

Il s’humilia devant les saints et pria le Créateur.

29^0 II se dirigea vers le palais où se tient la cour.

Avec lui deux chevaliers qui le considèrent comme leur seigneur.

Dès qu’ils furent entrés parmi la cour,

Le Roi les vit et reconnut Muño Gustioz.

Le Roi se leva et les reçut très-bien.

2945 Ce Muño Gustioz s’agenouilla devant le Roi.

Ce Muño Gustioz lui baisa les pieds.

« Merci, roi Alphonse, vous que de maint royaume on dit seigneur!

«Le Campéador vous baise les pieds et les mains.

« Il est votre vassal , et vous êtes son seigneur.

2950 «Vous avez marié ses filles avec les infants de Carrion.

« Ce fut un haut mariage , car c’est vous qui le voulûtes.

« Or, vous savez l’honneur qui nous est échu :

« Comme nous ont outragés les infants de Carrion.

«Ils ont malement battu les filles du Cid Campéador;

2955 «[Ils les ont] dénudées et maltraitées avec grand déshonneur;

«Ils les ont laissées abandonnées dans le rouvrai de Corpes,

« Aux bêtes féroces et aux oiseaux de la forêt.

«Voici [maintenant] ses filles à Valence où elles sont.

« C’est pourquoi il vous baise les mains , comme un vassal à son seigneur, 2960 «Afin que vous les lui meniez à une entrevue, ou à une junte, ou aux cortés. «Il se tient pour déshonoré, mais votre déshonneur est plus grand;

«Et soyez-en affligé, Roi, puisque vous le savez.

«Que Mon Cid ait justice des infants de Carrion !»

Le Roi, une grande heure, garda le silence et réfléchit.

para (vers, devers); et l’e de l’article el est élidé par aphérèse.

V. agi 1. — Sanchez ne met qu’une simple virgule à la fin de ce vers. Evidemment, le sens est complet.

V. 2943. — Le verbe connoscer signifie à la lois connaître et reconnaître. De même, le verbe tornar signifie en même temps tourner et retourner.

V. 2961. — Mas la vuestra, etc. Le poêle a sous-entendu desondra.

:í 965 Verdad te digo yo, que me pesa de corazón;

E verdad dices en esto , tú , Muño Gustioz ,

Ca yo casé sus fijas con infantes de Carrion.

Fizlo por bien, que fuese à su pro.

Si quier el casamiento fecho non fuese hoy!

2970 Entre yo è Mió Cid pésanos de corazón.

Ayudarle ha derecho, sin’ salve el Criador!

Lo que non cuidaba fer de toda esta sazón ,

Andarán míos porteros por todo mió reyno;

Pregonarán mi cort pora dentro en Tolledo,

2975 Que allá me hayan cuendes è infanzones.

Mandaré como y vayan infantes de Carrion ,

E como den derecho à Mió Cid el Campeador;

E que non haya rencura podiendo yo vedallo.

Decidle al Campeador que en buen ora násco,

•2980 Que destas siete semanas adobe s con sus vasallos, Vengam’ à Tolledo, estol’ do de plazo.

Por amor de Mió Cid esta cort yo fago.

Saludádmelos à todos, entre ellos haya espacio.

Desto que les avino aun bien serán ondrados.

‘2985 Espidió s Muño Gustioz, à Mió Cid es tornado.

Así como lo dixo, suyo era el cuidado;

Non lo detiene por nada Alfonso el Castellano :

Enbia sus cartas pora Leon è Sanctiaguo,

A los Portogaleses è à Galicianos,

299° E à los de Carrion è à varones castellanos :

Que cort facie en Tolledo aquel Rey ondrado :

A cabo de siete semanas que y fuesen iuntados :

Qui non viniese à la cort , non se toviese por su vasallo Por todas sus tierras así lo yban pensando,

2995 Que non saliesen de lo que el Rey avie mandado.

Hya les va pesando à los infantes de Carrion,

V. 297 1 .—Plusieurs observations sur ce vers.— t° Remarquer encore cet infinitif ayudar.— 20 Sanchez interprète sin ’ par l’adverbe latin sic (ainsi). Sanchez se trompe, ce me semble. Sin’ est ici pour sino (sinon), comme aux vers 3ooi, 3o53 , 3Ao3, etc. — 3° Sanchez ne met qu’une simple

virgule à la fin de ce vers. Ce n’est pas assez.

V. 2972. — Remarquer le verbe fei -, qui appartient au français et au catalan. — Sanchez met un point à la fin de ce vers.

V. 297 tt. — Aux vers 2925 et 2960, le poète a employé le mot cortes au pluriel; maintenant.

9965 rrEn vérité je te dis que cela m’afflige de cœur; r Et tu dis la vérité en ceci , toi , Muño Gustioz ,

«Car c’est moi qui ai marié ses filles avec les infants de Carrion.

«Je l’ai fait pour le bien, afin que cela fût à son avantage, fr Plût au ciel, aujourd’hui, que le mariage n’eût pas été fait!

9970 «Tant moi que Mon Cid, cela nous afflige de cœur.

•'Il a droit que je lui vienne en aide; sans quoi, nous protège le Créateur! •Ce que je ne croyais point faire de toute cette saison,

-Mes portiers iront par tout mon royaume;

-Us annonceront ma cour pour dans Tolède,

2970 "Afin que là me viennent comtes et infançons.

«J’ordonnerai comme quoi y viennent les infants de Carrion,

«Et comme quoi ils fassent droit à Mon Cid le Campéador;

« Et qu’il n’ait point de ressentiment, lorsque je le puis empêcher.

«Dites au Campéador qui en bonne heure naquit,

3980 «Que d’ici à sept semaines il soit prêt avec ses vassaux,

ce [ Et] qu’il me vienne trouver à Tolède : voilà le délai que je lui donne. ftPour l’amour de Mon Cid je réunis cette cour.

« Saluez-les-moi tous, en mettant entre eux une certaine différence. ffDe ce qui leur est arrivé ils retireront beaucoup d’honneur. r>

2985 Muño Gustioz prit congé, il retourna vers Mon Cid.

Ainsi qu’il l’avait dit , sien était le souci ,

[Et] Alphonse le Castillan n’y met aucun retard:

Il envoie ses chartes vers Léon et Saint-Jacques,

Aux Portugais et aux Galiciens ,

2990 Et à ceux de Carrion, et aux barons castillans :

Qu’il tenait une cour à Tolède , ce Roi honoré ;

Qu’au bout de sept semaines ils y fussent réunis ;

Qui ne viendrait pas à la cour ne se montrerait pas son vassal.

Par toutes ses terres on allait ainsi pensant,

2995 Qu’on ne devait point s’écarter de ce que le Roi avait ordonné.

Déjà il leur pèse, aux infants de Carrion,

en désignant la même chose, il emploie le mot cort au singulier. Nous faisons comme lui.

Y. 2978. — Le Roi veut dire que le Cid ne doit pas songer à tirer vengeance de l’offense qu’il a reçue , alors que lui-même , 1e roi Alphonse, intervient pour lui faire obtenir satisfaction.

V. 2980. — JJestus siete semanas. Voyez le vers 1971.— Sur le verbe adobar , voyez, au vers 1008, le participe passé adobado employé au même sens.

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