‹ Poe˜me du CidChapitre 174 sur 182 · V. 3692. — Sans pouvoir préserver Asur Gonzalez · texte numérisé non relu

V. 3692. — Sans pouvoir préserver Asur Gonzalez

Y. 3696. — Dette expression dar con alguno una tuerta , Sanchez l’interprète : faire pim • , recourber quelqu’un en lui donnant un coup. Ce ne peut pas être cela. A mon avis, le second hémis-

Il le mit hors de la barrière. Martin Antolinez demeurait dans le champ.

Alors le Roi dit : « Venez, vous, en ma compagnie.

368o «Pour tout ce que vous avez fait, vous avez été vainqueur dans ce combat. »

Les juges [du camp] l’octroient, qu’il dit vraie parole.

Deux sont vainqueurs : je vous dirai [maintenant] de Muño Gustioz ,

Comment il s’arrangea avec Asur Gonzalez.

Ils se frappent sur leurs écus de très-grands coups.

3685 Asur Gonzalez, vigoureux et [homme] de courage.

Frappa sur l’écu à don Muño Gustioz.

A travers l’écu il lui rompit l’armure.

La lance alla dans le vide , car elle ne l’atteignit pas à la chair.

Ce coup porté, Muño Gustioz en donna un autre.

36go A travers l’écu il lui rompit l’armure.

Il brisa l’écu par le milieu de la boucle.

Sans pouvoir le préserver, l’armure fut rompue.

II le prit de côté, car il n’est plus maître de son cœur.

Il lui mit , par dedans la chair, la lance avec le pennon.

36g5 II la lui fit sortir, de l’autre côté , long d’une brasse.

Il lui donna une secousse , l’ébranla sur la selle ,

[Et] en retirant la lance, il le jeta à terre.

Rouge sortit le bois, et la lance, et le pennon.

Tous pensèrent qu’Asur Gonzalez était blessé à mort.

3700 Muño Gustioz abaissa sa lance et s’arrêta sur lui.

Gonzalo Asurez dit : «Pour Dieu, ne le frappez point!

« La victoire est gagnée ! » Lorsque ce fut fini ,

Les juges [du camp] dirent: «Nous l’entendons ainsi. r>

Le bon roi don Alphonse fit débarrasser le champ.

tiche du vers explique le sens du premier. Le mot tuerta est l’homonyme du provençal et du catalan torta (poussée, secousse), et très-probablement, dans le principe, il se prononçait et s’écrivait de même. Du reste , au lieu de con él , il serait mieux, je crois, de lire con ella (avec elle) , c’està-dire , avec la lance.

V. 3698.— Remarquer, ici encore, le verbe au singulier, bien qu’il soit suivi de plusieurs sujets.

V. 3699. — Pour la dernière fois, je prie le lecteur de remarquer ce mot muert, à la fin d’un vers qui doit être en 0 aigu.

V. 3702. — Dans le texte de Sanchez, le second hémistiche du vers 8702 n’est séparé du premier par aucun signe de ponctuation , et à la fin du vers il y a un point; de sorte que c’est le narrateur qui a l’air de prononcer, en son propre nom, que la bataille est gagnée. Dans mon opinion, ces paroles : venzudo es el campo (la victoire est gagnée), doivent être nécessairement attribuées à Gonzalo Asurez; et, dès lors, les juges du camp peuvent fort bien dire ensuite (au vers 3703) : esto oymos nos (nous l’entendons ainsi).

3705 Las armas que y rastaron él se las tomó.

Por ondrados se parten los del buen Campeador : Vencieron esta lid, grado al Criador.

Grandes son los pesares por tierras de Carrion.

El Rey à los de Mió Cid de noche los embió ,

3710 Que non les diesen salto nin oviesen pavor.

Aguisa de membrados andan dias è noches.

Felos en Valencia con Mió Cid el Campeador :

Por malos los dexaron à los infantes de Carrion; Complido han el debdo que les mandó so señor.

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