‹ Poe˜me du CidChapitre 76 sur 182 · V. 762. — Sanchez met deux points à la fin de ce vers · texte numérisé non relu

V. 762. — Sanchez met deux points à la fin de ce vers

V. 76/1. — Sanchez met encore deux points à la fin de ce vers.

Mon Cid Ruy Diaz le bon Batailleur!

A Minaya Alvar Fañez il a donné l’ordre de couper.

Martin Antolinez , le vaillant Burgalais ,

7 4 5 Muño Gustioz, qui avait été par lui nourri,

Martin Muñoz , celui qui avait eu le commandement de Mont-Mayor,

Alvar Fañez et Alvar Salvadores,

Galin Garcia le brave , d’Aragon ,

Felez Muñoz, le neveu du Campéador,

75o De là en avant tous ceux qui sont là,

Secourent la bannière et Mon Cid le Campéador.

A Minaya Alvar Fañez, on tua son cheval :

Bien le secourent les mesnies des Chrétiens.

Il a brisé sa lance, il mit la main à l’épée.

755 Quoiqu’à pied, il va donnant de bons coups.

Il vit cela , Mon Cid Ruy Diaz le Castillan ;

II s’approcha d’un alguazil qui avait un bon cheval;

Il lui donna de son bras droit un tel coup d’épée ,

Qu’il le fendit par le milieu jusqu’à la ceinture, et le jeta à terre.

760 A Minaya Alvar Fañez il alla donner le cheval :

rr Montez à cheval, Minaya, vous êtes mon bras droit; f' Aujourd’hui en ce jour par vous j’aurai £jfafid pouvoir. »

Les Mores tiennent ferme, ils ne s’en vont pas encore du champ.

Minaya monta à cheval, l’épée à la main.

765 Au milieu de ces troupes il se bat vigoureusement;

Ceux qu’il atteint, il les va dépêchant.

Mon Cid Ruy Diaz, celui qui en bonne heure naquit,

Au roi Fariz avait donné trois coups.

Deux ont porté à faux , mais le troisième l’a atteint.

770 Par la cuirasse en bas distillant le sang,

Il tourna la bride , pour lui échapper hors du champ.

Par ce coup-là l’armée est mise en déroute.

Martin Antolinez donna un coup à Galve.

V. 770. — Le texte de Sanchez porte destellado. Le manuscrit primitif avait probablement un léger signe graphique qui remplaçait i'n supprimé : destellado. (Voyez les vers 509 et 789-)

V. 772. — Dans les Fueros de Lianes, qui sont de l’année 1 206 , on trouve plusieurs fois répétés les mots fonsado (armée) et fonsadera, l’impôt que devaient payer ceux qui voulaient être exemptés du service militaire.

Las carbonclas del yelmo echógelas aparte :

775 Cortó!’ el yelmo que legó à la carne.

Sabet, el otro nongel’ osó esperar.

Arrancado es el rey Fariz è Galve.

Tan buen día por la christiandad!

Ca fuyen los Moros de la part,

780 Los de Mió Cid firiendo en alcanz.

El rey Fariz en Teruel se fue entrar,

Ca Galve non lo cogieron allá.

Para Calatayuth quanto puede se va.

El Campeador ybal’ en alcanz.

785 Fata Calatayuth duró el segudar.

A Minaya Alvar Fañez bien Tanda el caballo.

Daquestos Moros mató treinta è quatro.

Espada tajador, sangriento trae el brazo,

Por el cobdo ayuso la sangre destellando.

790 Dice Minaya : agora so pagado,

Que à Castiella irán buenos mandados :

Que Mió Cid Ruy Diaz lid campal ha vencida.

Tantos Moros yacen muertos que pocos vivos ha dexados ; Ca en alcanz sin dubda les fueroi? dando.

795 Ya s tornan los del que en buen ora násco.

Andaba Mió Cid sobre so buen cavallo,

La cofia froncida , Dios , como es barbado !

Almófar à cuestas, la espada en la mano.

Vió los sos como s van alegando.

800 Grado à Dios aquel que está en alto,

Quando tal batalla avernos arrancado.

Esta albergada los de Mió Cid luego la han robado ,

De escudos è de armas, è de otros averes largos.

V. 77/1. — Aparte. Quelques vers plus loin le copiste a écrit part, qui forme une assonance plus complète.

Y. >775. — Carne. Voyez plus haut (v. 377) la note.

V. 788. — Minaya est tantôt une lance hardie, tantôt une épée tranchante. De même aujourd’hui, en France, d’un homme habile à l’escrime nous

disons : C’est une bonne lame. — Sanchez met deux points à la fin de ce vers.

V. 79a. — Bien que j’évite les archaïsmes, je n’ai pu me dispenser d’employer l’adjectif campai, fréquemment usité dans notre ancien français. — Ici encore, Sanchez se contente de mettre deux points à la fin du vers.

Y. 798. — Sanchez, au mot almófar, inter-

Il fit sauter à part les escarboucles de son heaume ;

770 II coupa le heaume de façon qu’il arriva à la chair.

L’autre, sachez-le, ne l’osa pas attendre.

II est vaincu, le roi Fariz, ainsi que Galve.

Quel heureux jour pour la chrétienté!

Car les Mores abandonnent ce lieu en fuyant,

780 [Et] ceux de Mon Cid les poursuivent frappant.

Le roi Fariz alla se réfugier dans Teruel.

Quant à Galve , on ne l’accueillit point dans cet endroit.

Il s’en va aussi vite qu’il peut vers Calatayuth.

Le Campéador allait le poursuivant.

785 Jusqu’à Calatayuth dura la poursuite.

A Minaya Alvar Fanez bien va son cheval.

De ces Mores il tua trente et quatre.

Epée tranchante, il a le bras tout sanglant,

Par le coude en bas distillant le sang.

790 Minaya dit : rc A cette heure je suis satisfait!

« Car de bonnes nouvelles iront en Castille ,

r: Comme quoi Mon Cid Ruy Diaz a été vainqueur en bataille campale. v Tant de Mores gisent tués qu’il en reste peu de vivants;

Car dans la poursuite on les frappait sans hésiter.

795 Déjà s’en reviennent les chevaliers de celui qui en bonne heure naquit.

Mon Cid allait sur son bon cheval,

La coiffe froncée (Dieu! combien est ample sa barbe!),

Le casque sur le dos, l’épée à la main.

Il vit les siens , comme ils viennent se ralliant.

800 « Grâces soient rendues à Dieu, celui qui est là-haut,

« Puisque nous avons gagné une telle bataille ! »

Ceux de Mon Cid ont aussitôt pillé ce camp :

[U y a] des écus, et des armes, et d’autres richesses considérables.

dans la circonstance dont il s’agit, puisqu’on voyait la coiffe du Cid, il fallait bien qu’il eût la tête découverte.

V. 800. — Sanchez met un point à la fin de ce vers , et deux points à la fin du vers suivant.

V. 802. — Sanchez met un point à la fin de ce vers. La phrase n’est complète qu’avec le vers suivant.

prête : la* partie de la cotte de mailles qui se repliait sur le casque , ou le heaume , pour préserver la tête. Le mot almófar a parfois cette signification. Mais ici, par cette expression, le narrateur veut, selon nous, désigner le casque même. En effet , des chevaliers qui , après un combat très-vif, venaient de poursuivre l’ennemi, devaient trouver quel-» que plaisir à se délivrer du poids du casque; et,

IDe los Moriscos quando son legados,

Fallaron quinientos è diez caballos.

8o5 Grand alegría va entre los Christianos.

Mas de quince de los sos menos non fallaron.

Traen oro è plata que non saben recabdo.

Refechos son todos esos Christianos con aquesta ganancia. A sos castiellos à los Moros dentro los han tornados.

810 Mandó Mió Cid aun que les diesen algo.

Grant ha el gozo Mió Cid con todos sos vasalos.

Dió à partir estos dineros è estos averes largos.

En la su quinta al Cid caen cien cavallos.

Dios, que bien pagó à todos sus vasallos,

8 1 5 A los peones è à los encavalgados !

Bien lo aguisa el que en buen ora násco :

Quantos él trae todos son pagados.

Oyd, Minaya, sodes mió diestro brazo.

Daquesta riqueza que el Criador nos ha dado 820 A vuestra guisa prended con vuestra mano.

Embiarvos quiero à Castiella con mandado Desta batalla que avernos arrancado,

Al rey Alfonso que me ha ayrado.

Quierol’ embiar en don treinta cavallos ,

8a5 Todos con siellas è muy bien enfrenados :

Sennas espadas de los arzones colgadas.

Dixo Minaya Alvar Fañez : esto faré yo de grado.

Evades aqui oro è plata una besa lena.

Que nada nol’ minguaba.

83o En Sancta Maria de Burgos quitedes mili misas.

Lo que remaneciere daldo à mi mugier è à mis fijas.

V. 80k. — Mm-iscos pour Moros. Il n’est pas question ici des Morisques, ou des Mores qui vivaient sous la domination espagnole. (Voyez le vers 793.)

V. 8o5. — Sanchez : entre sos. Faute d’impression , probablement ; à moins toutefois que le copiste n’ait voulu écrire entr ’ esos, et sans apostrophe, suivant son usage.

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