V. 722. — Valelde pour valedle
Y. 736. — Au mot desmanchar, Sanchez rappelle , avec raison , notre mot français démanchei'. V. 739. — Les Espagnols, depuis plusieurs
«Que personne ne sorte des rangs jusqu’à ce que j’en donne l’ordre!»
Ce Pero Bermuez ne le put endurer.
Tenant en main la bannière, il se mit à éperonner. et Le Créateur vous protège, loyal Cid Campeador!
715 tt Je vais mettre votre bannière au milieu de ce plus fort bataillon.
trVous [tous] dont c’est le devoir, nous verrons comment vous la secourrez.» Le Campeador dit : « Ainsi ne soit , par charité ! »
Pero Bermuez répondit : et II n’en ira pas autrement. »
Il éperonna son cheval , et le mit dans le plus fort bataillon.
720 Les Mores le reçoivent pour prendre sa bannière.
Ils lui donnent de grands coups , mais ils ne peuvent l’ébranler.
Le Campéador dit : tt Secourez-le par charité ! »
Ils embrassent leurs écus devant leurs poitrines ,
Ils abaissent leurs lances parées de leurs pennons ,
725 Ils inclinent leurs visages sur leurs arçons,
Ils vont les frapper d’un cœur énergique.
A grands cris il appelle, celui qui en bonne heure naquit. ttFrappez-les, chevaliers, pour l’amour de la charité: ttJe suis Ruy Diaz le Cid Campéador de Bivar!»
73o Tous frappent sur le bataillon où se trouve Pero Bermuez.
11 y a trois cents lances, toutes ont un pennon.
Chacun d’eux tua un More, chacun d’un seul coup.
A la seconde charge qu’ils font, ils sont le même nombre.
Vous eussiez vu maintes lances s’abaisser et se relever,
735 Maints boucliers percer et traverser,
Maintes cuirasses faussées se rompre,
Maints pennons blancs reparaître rouges de sang ,
Maints bons chevaux aller sans leurs maîtres.
Les Mores crient : Mahomet! les Chrétiens : Saint Jacques!
7^o En un peu de temps tombent déjà sans vie mille et trois cents Mores. Comme il se bat bien sur son arçon doré ,
siècles, disent Santiago. Il est curieux de voir la forme primitive.de ce nom.
V. 7 ¿10. — Cette expression en un poco de logar est, encore, essentiellement française.
V. 7 ¿1 1 . — Au mot exorado, Sanchez interprète : dorado (doré). Nous avons adopté cette interprétation. Dans une charte de donation de
l’an 1039, citée par Berganza, on ht : «Duos calices argénteos vel exaratus.... cum reliquario argénteo vel exarato. n ( Antigüedades de España, t. II, p. A 18.) On voit très-bien que exaratus équivaut à exauratus ; mais pour s’expüquer la composition un peu étrange de ce mot, l’on a besoin de se rappeler le latin exornatns.
Mió Cid Ruy Diaz el buen Lidiador !
Minaya Alvar Fañez que corta mandó.
Martin Antolinez el Burgales de pro ,
Muño Gustioz que fue so criado ,
Martin Muñoz el que mandó à Mont Mayor,
Alvar Fañez è Alvar Salvadores,
Galin García el bueno de Aragon ,
Felez Muñoz so sobrino del Campeador,
Desi adelante quantos que y son,
Acorren la seña è à Mió Cid el Campeador.
A Minaya Alvar Fañez matáronle el cavallo :
Bien lo acorren mesnadas de Christianos.
La lanza ha quebrada, al espada metió mano. Mager de pie buenos colpes va dando.
Violo Mió Cid Ruy Diaz el Castellano;
Acostós’ à un alguacil que tenie buen cavallo ;
DióF tal espadada con el so diestro brazo ,
Cortó!’ por la cintura el medio echó en campo.
A Minaya Alvar Fañez ybal’ dar el cavallo : Cavalgad, Minaya, vos sodes el mió diestro brazo : Oy en este dia de vos abré grand vando.
Firmes son los Moros, aun no s van del campo. Cavalgó Minaya, el espada en la mano.
Por estas fuerzas fuertemientre lidiando ,
A los que alcanza valos delibrando.
Mió Cid Ruy Diaz, el que en buen ora násco,
Al rey Fariz tres colpes le avie dado.
Los dos le fallen, è el unol’ ha tomado.
Por la loriga ayuso la sangre destellando ,
Volvió la rienda por yrsele del campo.
Por aquel colpe raneado es el fonsado.
Martin Antolinez un colpe dió à Galve.