‹ Poèmes, 1887-1892;Chapitre 8 sur 20 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Au vieux livre à fermoirs de griffes et d'émaux^ Studieux d'être maître en l'ordre des magies, J'ai dédié mon Ame et toutes énergies A savoir la vertu diverse des joyaux.

L'émeraude aide les enfantements Jumeaux^ Le rubis qui rend chaste éloigne des orgies^ Améthyste^ sagesse^ œil des bonnes vigies, Et le diamant vainc le poison et les niots.

J'ai tué le lapidaire, un soir qu'il taillait A l'établi la cymophane et le jayet.

Antidote préservateur du sortilège;

Et j'ai volé pour vous ces pierres^ ô Jolie! Et j'ai mis à mon doigt, sachant son privilège, La chrysolithe qui guérit de la folie.

Après avoir vaincu les lèvres, sans souci Du rebelle sourire où, le baiser s'élude. Ni le geste brutal qui, toute. Une dénude Hors ses cheveux plus longs qui la vêtent aussi.

Pour avoir frustré la Chimère de ceci : Ses gemmes que la grotte éblouissante exsude. Larmes mortes que pleure et germe le roc rude. Notre vie est prestigieuse et nous voici:

Hôtes muets des Terrasses de survivance. Maîtres du vain trésor pour qui l'âme dépense Ses midis d'aventure et ses soirs orgueilleux,

— O mémoire mêlée à quelques pierres pâles ! • A regarder comme un visage et d'anciens yeux Bleuir la lune vide et les tristes opales»

Page 1