‹ Poèmes, 1911-1918Chapitre 11 sur 30 · DISPERSION · texte numérisé non relu

DISPERSION

Quelle heure esl-il? Je n'en sais rien. ,Ie ne tiens pas à le savoir.

Le temps dig-ère sans bouger.

Comme le chat auprès du feu.

Où le coke gercé pétille.

Je courbe le dos comme un vieux, - Et tout mon corps se recoquille, Et je me rapproche du feu, Mais ce n'est pas pour me chauffer.

On a oublié de fermer la porte ; On a oublié de ranger les chaises ; On a oublié d'essuver les meubles.

Je veux vider des tiroirs ; Je veux faire quelque chose Qui me prenne plus d'une heure.

Je voudrais manger de la soupe au choux. Je commence un chant sans le terminer.

Qu'il fait beau dehors et que je suis gai !

Il y a une seconde

Kl puis une aulre seconde :

Je les entends, je les complc.

Un son doux cl loinlain nrëvoque L'orient niarilinie est bleu.

Et mille hasards volent, volent.

Ces rideaux, à quoi servent-ils?

Ah ! la la ! Je souris. Je ris.

Tout cela n'a pas d'importance.

Tout ce qui brille n'est pas ov.

Pierre qui roule... J'ai trop chaud.

Je ne recule pas ma chaise.

Mon âme est un j;ros d'il qui cligne.

Les objets sont ronds et sans anse.

Je souffre par petites places.

On a oublie de ferinei" la |)orti'.

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