‹ Poèmes, 1911-1918Chapitre 23 sur 30 · MARC M K · texte numérisé non relu

MARC M K

Qu'il fait ^ris ! Qu'il fait froid I Une monotone pluie A cousu le ciel aux toits.

Je pense aux pieds nus d'un enfant qui dorl.

Qu'il fait ^ris 1 Qu'il fait froid !

Les rats grig-notent ma boule, L'aube grelotte avec moi.

J'envoie un baiser à deux yeux qui dorment.

Qu'il fait froid ! Qu'il fait gris 1 Rendors-toi dans le brouillard Qui te couvre comme un drap.

Ma main se réveille au froid du fusil.

Qu'il fait froid ! Tout est gris, Plaine, saules et perdrix.

Marche, marche, homme inutile !

Je pense à deux bras qui ne remuent pas.

Qu'il l'ail gris ! C'eal le jour.

L'aube blanchit les cailloux.

Mon corps va je ne sais où.

J'envoie un baiser à deux yeux qui s'ouvrent.

Qu'il est gris, qu'il est froid Ce jour que déjà profanent Des trompettes machinales !

Je pense à demain qui sera pareil...

Page 1