‹ Poèmes, 1911-1918Chapitre 3 sur 30 · AVENIR · texte numérisé non relu

AVENIR

Dans quarante ans, dans cinquante ans, dans soixante ans, Ou peut-être bien plus tôt Selon l'heure de ma mort Et l'épaisseur de ma nuit.

Par un jour comme aujourd'hui, Quelqu'un pensera à moi.

El ce sera mon fils, ou le fds de mon fils, Un étranger qui m'aura vu dans sa jeunesse.

Qu'y aura-t-il de changé ?

D'autres bouches parleront, Mais les mots seront les mêmes, Et l'on entendra toujours ' Les mêmes bruits sur la ville.

^' Quelqu'un pensera donc à moi, quelques instants,

*^ Ayant peut-être devant lui

J' Un des objets qui sont ici,

[„ Un des moindres, de ceux qui durent plus longtemps.

« C'était €^ mon père » ou « C'ét;iil ;i riiuii gr.iiiri-pèie » « A un homme ({uc j'ai connu dans ma jeunesse... »

Et mon nom sera prononcé, Et peut-être, à cause de moi, Seras-tu triste jusqu'au soir, Toi que hantera mon idée.

Car je t'entends répondre à ceux qui te demandent Pourquoi tu tardes tant, quand le repas est chaud : « Ce n'est rien. Me voici. Je pense à quelque chose, >»

On ne pleurera pas que moi, On pleurera bien autre chose Par un jour semblable à ce jour.

0 paix sans nom !

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