‹ Poèmes, 1911-1918Chapitre 7 sur 30 · UN SOIR · texte numérisé non relu

UN SOIR

Lu son grêle de piano

Traversant la cour.

Me gonlle rie son écho,

Sans que je l'écoute.

A quoi pense-t-on, Quand on pleure ainsi?

Pourquoi suis-je si heureux.

Quand on parle près d'ici ?

Venez, 6 vous qui passe/.,

Venez, parlez-moi :

Je renonce mon orgueil

Et vous tends les bras.

Un train sil'lle. Un chien aboie.

L'heure sonne. Un enfant dort.

Oh ! Qu'il y a de départs Dans une minute !

On crie les journaux du soir, Kt dans la rue élarj^ie, Où les boutiques se ferment, Les ombres s'unissent.

La clarté se réfug^ie

Là-bas où l'on boit.

Et je serre autour de moi

Celle qui me reste.

Qu'ai-je fait, depuis l'aurore

Que je n'ai pas vue ?

Il est tard. Rien n'est venu

Et j'attends encore.

Tant de faces immobiles Surgissent de mon silence.

Que je n'ose détourner Mes yeux du parquet, Baissant seulement la tète Pour que passe au dessus d'elle Le vent dun jour qui s'en va.

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