UN SOIR
Lu son grêle de piano
Traversant la cour.
Me gonlle rie son écho,
Sans que je l'écoute.
A quoi pense-t-on, Quand on pleure ainsi?
Pourquoi suis-je si heureux.
Quand on parle près d'ici ?
Venez, 6 vous qui passe/.,
Venez, parlez-moi :
Je renonce mon orgueil
Et vous tends les bras.
Un train sil'lle. Un chien aboie.
L'heure sonne. Un enfant dort.
Oh ! Qu'il y a de départs Dans une minute !
On crie les journaux du soir, Kt dans la rue élarj^ie, Où les boutiques se ferment, Les ombres s'unissent.
La clarté se réfug^ie
Là-bas où l'on boit.
Et je serre autour de moi
Celle qui me reste.
Qu'ai-je fait, depuis l'aurore
Que je n'ai pas vue ?
Il est tard. Rien n'est venu
Et j'attends encore.
Tant de faces immobiles Surgissent de mon silence.
Que je n'ose détourner Mes yeux du parquet, Baissant seulement la tète Pour que passe au dessus d'elle Le vent dun jour qui s'en va.