SEPTEMBRE
La ville tout doucement crie.
0 niunnurea le long^ des rues.
Une teinnie lave du ling-e Dans une cour qui s'assonil)rit .
C'est déjà la nuit de se[)l heures.
Celle qu'on avait oubliée.
Qui s'avançait depuis des mois Sous les beaux soirs qu'elle run^a'ail
Mais qu'importe le flux de l'ombre !
Je t'adore, charme rompu.
La fin du jour s'emplit de cris Qui se f^onflent comme des muscles.
La ville dans le noir des plaines Brille de sa lumière à soi.
Et mes yeux gardent le trésor De toutes les (leurs de l'été.
Des visa{<e8 nouveaux s'allument Aux devanluies dey bouliques, J.e moindre reg^ard que l'on croise Est si doux qu'il serre le cœur.
Sirènes et fanaux des ports.
Phares des plus lointaines îles, Adieux dans les premiers brouillards, C.hant des pâtres sur les plateaux ;
J^anternes sur les chemins noirs !
0 cris et flammes solitaires !
Et vous, plus près, bruits rassemblés, Lueurs unies, sifflets des trains,
Retours devancés par le soir Qui gagne le haut des maisons ; Clartés subites des fenêtres Parmi les façades ternies ;
Temps qui flambes au fond des gares Et dans l'axe des carrefours, Fournaise ronflante des places D'où naît la clameur des nouvelles ;
hclatez partout et ensemble, Pour que la présence de l'homme Soit de nouveau sig-nifiée ; Pour que la lumière et la voix
N'appartiennent plus qu'à lui seul, Et pour que je «i^oûte à mon tour.
Dans l'inslant où la nuit me couvre, Un âpre ressaisissement.