XX NOTICE BIOGRAPHIQUE
core à raréfier l'air autour de lui. Vignj perd le 2 novembre 1838 son beau-père, qui s'était remarié et laissait au gendre accepté à regret une situation déplorablement embrouillée. Deux longs séjours du poète en Angleterre, dans l'été de 1836, de novembre 1838 à avril 1839, ont trait à des questions familiales, puis à un difficultueux règlement de chancellerie qui l'occupe longtemps. Son électiorr^à l'Académie française, où il finit par recueillir vingt voix le 8 mai 1845, n'est qu'une demi-satisfaction : elle vient après six scrutins de défaite et précède la fameuse séance du 29 janvier 1846 où la réponse de Mole prit figure de mercuriale après la longue et hautaine harangue du nouvel élu, plus soucieux de dire au monde son fait que de louer son prédécesseur Etienne.
Faut-il s'étonner dès lors que si peu de chose — quelques Poëmes philosophiques publiés dans la Revue des Deux Mondes — se trouve jalonner ces mélancoliques années? Sans doute, dans son étroit appartement de la rue des Ecuries-d'Artois, dans le petit manoir charcutais du Maine-Giraud, fécrivain lisait, rassemblait des notes, esquissait des œuvres de tout genre : Daphné destiné à une Seconde Consultation du Docteur Noir, des projets de romans historiques, des «élévations» et des poèmes à faire. Mais les feuillets abandonnés et repris, couverts de sa grande écriture aux nobles majuscules, ne faisaient que recevoir la rêverie de l'écrivain, sans que l'acte décisif vînt animer ces projets pour le grand jour et la lumière du dehors.
Il lui manquait, plus encore que toute autre chose,