XXII NOTICE BIOGRAPHIQUE
catholique de V Avenir. II eût accepté de représenter à Londres, comme ambassadeur, la République française. Dès le 27 mars 1848, il adressait aux électeurs de la Charente une profession de foi sympathique au «mâle gouvernement» qu'il s'agissait d'instaurer, souhaitant que l'Assemblée constituante, 011 il se déclarait prêt à entrer, fût le grand-.pouvoir législatif d'une de ces «républiques sages, pacifiques et heureuses, qui ont su respecter la Propriété, la Famille, l'Intelligence, le Travail et le Malheur». Seulement il semblait inadmissible, indiscret et presque déshonnête à fauteur de Stello d'aller demander sur place les voix des citoyens charentais; ils devaient le bien connaître, puisqu'il était parmi eux et l'un d'eux, quand ses villégiatures et la santé de sa femme le ramenaient pour de longs mois dans son domaine du Maine-Giraud. Une fois de plus Vigny refusait de faire comme ceux qui, selon son expression, «cèdent à leur parterre par crainte de perdre la popularité ou de ne pas l'atteindre» : quoique souhaitée par Lamartine, cette élection ne se fit pas, et l'on envoya à l'Assemblée un député moins distant.
II continua d'ailleurs à s'occuper, en Angoumois, d'améliorations sociales et d'œuvres utiles, bibliothèque à Blanzac en 1850, œuvre des jeunes filles, propagande pour l'instruction primaire. Mais peu à peu , la peur du communisme et du « spectre rouge » , comme tant d'autres, le gagne. II connaît Louis- Napoléon depuis son second séjour à Londres; il aura avec lui, le 10 octobre 1852, à Angoulême, une