‹ Poèmes algériens et récits légendairesChapitre 45 sur 67 · A MON AMI · texte numérisé non relu

A MON AMI

Louis De TANNYON, OlVicier d'ordonnance dli prince d'Egypte Halim Pacha.

Chasseur toujours en course, accepte mon idylle Pour bourrer ton fiisil sur les bords du Nil blanc ; Et qu'elle touche, au moins, le cœur d'un crocodile, Au moyen d'une balle adressée à son flanc.

LE BAIN DES MAUDITS (hamiiam meskoutine).

Légende de Medjez-Amar, dans la commune de Guelma '

Pour passer Feau, toici la place!

Hais avant d*y mouiller nos flancs, Halte ici, près de ces pics blancs!

Sont-ils de sel ou bien de glace?

Dans le fleuve jusqu'aux genoux, Un Arabe vient... Dieu Famène.

11 connaîtra ce phénomène. * Amis, appelons-le vers nous :

Youyouyouyouyouyouyouyou... **

Toi qui reviens de Constantine, Sais- tu quel est cet endroit, dis!

-— C'est ici le bain des Maudits, Que Ton nomme Hammam Meskoutine.

Écoutez -en Thistoire tous, Tandis qu'humectant la pelouse Le Bon Hamdam vers la Seybouse Coule, en murmurant aux cailloux Youyouyouyouyouyouyouyou. . .

Dieu fit pareils, en apparence, La fille et le fils de Kadour.

De leur beauté bientôt Vamoor Leur enseigna la différence.

Amna chérit comme un époux Hamed veillant toujours près délie, L'appelant son cœur... sa gazelle...

£t soupirant d'un «air &i doux :

Youyouyouyouyouyouyouyou. . .

— » Mon fils, il fout prendre une femme.

— » Mon père, j'épouse ma sœur! »> — Le yieilba^d recule d'horreur,

En déclarant Hamed inâme!

Le proscrit fuit, ou ne sait où...

Et reparaît, près des citernes, Avec les brigands des cavernes Qu'il guidait^ hurlant comme un fou :

Youyouyouyouyouyouyouyou. . .

La mort, qu'en pillant il affronte.

Ne veut mettre un terme à ses maux.

Un soir, il sangle deux chameaux, En c<mduit un, sur l'autre il monte-:

— « Yamna! viens, viens dans mon bournous!

w La nuit sombre pour fuir est belle! » —

Vainement à laube on rappelle...

Appelez fort, rivaux jaloux!

Youyouyouyouyouyouyouyou. . .

Le vieux Kadour se dé^eqpèçe : — « Maudits soient mes enfonts damnés!

» Rocs ! Ëchos I contre eux retenez » La malédiction d'un péi^!

» Que jamais les saints marabouts » Ne daignent prier sur leurs tombes !

» Qu'au lieu des plaintives c(rfombe;»

» N'y gémissent que les hiboux !

» Youyouyouyouyouyouyouyou... » —

Avec ses hordes sanguinaires, Hamed entraînait Lelle Amna.

Près des bains chauds il Tamena; Il fit sa noce dans ces douaires.

L'épousée avait à son cou De Tor, — aux doigts des perles grandes, Et tremblait, aux cris de ces bandes, Qu'on ne lui prit quelque bijou...

Youyouyouyouyouyouyouyou . . .

Voilà qu'au milieu de la fête

La pluie inonde le festin;

( Les convives buvaient du vin!... )

La grêle augmente la tempête.

Du ciel s'enflamme le courroux, Un volcan déchire la terre, Les vents grondent, et le tonnerre Ébranle les airs à grands coups...

Youyouyouyouyouyouyouyou ...

Soudain les danseuses bruyantes,

Les brigands, — convives armés, —

En albâtre sont transformés,

Et versent des larmes bouillantes.

Ces blocs sulfureux sont debout

Au sommet â*Hammam Meskoutine,

Pleins de la colère divine

Qui dans leurs flancs écume et bout.

Youyouyouyouyouyouyouyou. . .

LES ALGERIENNES.

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