LA DOUBLE PRISE
Amour et Marine.
— Le brick musulman suit la corvette infidèle.
— En voyant mon turban, Anna presse ses pas.
— La nef, ouvrant son foc, s'enfuit à tire d'aile...
— La belle dans sa mante emporte ses appas.
— La coque de Tesquif vire de bord..., louvoie....
— La coquette vers moi se retourne en chemin.
— La quille au jour se montre, en sillonnant sa voie. ■
— Anna semble s'offrir pour mieux tromper ma main.
— La carène répond, tonnant par ses bordages.
— Anna rend à mon cœur tous les traits de mes yeux.
— La flamme des tillacs monte dans les cordages.
— De ses ardeurs Tamour nous embrase tous deux.
— La fumée a couvert Tun et l'autre navire.
— Les ennuis, d'un nuage enveloppent mon front,
— Au canon du Croyant la corvette soupire.
— Anna frémit.... mon œil lui lance un regard prompt...
— Elle amène, à la fin, son drapeau, — la barquette!
— Anna baisse son voile et se rend à mes feux.
— Allah akbarl Victoire au raïs, fils du Prophète! v
— L'amoureux Ben Koptan voit couronner ses vœux. '
Barbier! sous une vitre expose, en ta boutique, De ce combat naval le tableau glorieux, Et que, sous un nuage, une main artistique Dérobe Tabordage aux yeux.