‹ Poèmes algériens et récits légendairesChapitre 50 sur 67 · LA DOUBLE PRISE · texte numérisé non relu

LA DOUBLE PRISE

Amour et Marine.

— Le brick musulman suit la corvette infidèle.

— En voyant mon turban, Anna presse ses pas.

— La nef, ouvrant son foc, s'enfuit à tire d'aile...

— La belle dans sa mante emporte ses appas.

— La coque de Tesquif vire de bord..., louvoie....

— La coquette vers moi se retourne en chemin.

— La quille au jour se montre, en sillonnant sa voie. ■

— Anna semble s'offrir pour mieux tromper ma main.

— La carène répond, tonnant par ses bordages.

— Anna rend à mon cœur tous les traits de mes yeux.

— La flamme des tillacs monte dans les cordages.

— De ses ardeurs Tamour nous embrase tous deux.

— La fumée a couvert Tun et l'autre navire.

— Les ennuis, d'un nuage enveloppent mon front,

— Au canon du Croyant la corvette soupire.

— Anna frémit.... mon œil lui lance un regard prompt...

— Elle amène, à la fin, son drapeau, — la barquette!

— Anna baisse son voile et se rend à mes feux.

— Allah akbarl Victoire au raïs, fils du Prophète! v

— L'amoureux Ben Koptan voit couronner ses vœux. '

Barbier! sous une vitre expose, en ta boutique, De ce combat naval le tableau glorieux, Et que, sous un nuage, une main artistique Dérobe Tabordage aux yeux.

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