‹ Poèmes algériens et récits légendairesChapitre 54 sur 67 · O.NTE DE VIEUX SOLDAT · texte numérisé non relu

O.NTE DE VIEUX SOLDAT

k un jeuoe Spthis.

Ton turban de mousseline, Qui devant mon front sïncline, Me rajeunit, ô mon dis!

Ton caftan rouge où s'enlace La gance noire avec grâce, * Me charme...! En toi je revis!

Mamluck pauvre et vieux, que nai-je Mon bras qu*a gelé la neige, Pour que ma main te protège Où ton escadron courra...

Ya Asra I **

Si vous aviez vu , — Dieu garde ! - Le beau Mamluck de la garde De son turban couronné, Lorsqu'avec son damas courbe Il s'élançait sur la tourbe Des Cosaques fuyant Ney !

Comme cette populace, Dans ses blancs déserts de glace.

Sous nos tromblons faisait place Aux enfants d'El-Cahéra... * Ya Asra !

Que nous étions beaux ! La Prusse Vit Alexandre le Russe, Au kiosque du Niémen, Proposer tous ses achilles A l'Empereur, pour nos files Qu'il indiquait de la main.

— « Oh ! daignez me donner, sire !

» Pour qu'en Russie on l'admire,

» Ce beau Corps que sut instruire » Le capitaine Abd Allah !

» Ya Asra !

— « Prends-le, si tu peux le prendre!

Dit Bonaparte. — Alexandre

Passant dans nos rangs, cria :

— « Effendis, je vous emmène!

» Acceptez-vous pour domaine

» Les champs de blé d'Odessa ?

— « NonI notre amour ne se règle

> Sur le poids d'un pain de seigle...! »

-^ 217 - Lui dit l'officier poile-aigle.

D'un non! chacun adhéra.

Ya Asra!

Pour nous, du Grand-Hommè esclaves, Le Czar offrait ses serfs braves, — - Portant de saint Nicolas, Sur leur front, l'image en cuivre, — Géants choisis pour le suivre...

( Qu'on en mit par terre, hélas! \ A ce qu'on venait de dire Il vit l'Empereur sourire.

Dès-lors, jurant de nous nuire , De nous il se sépara...

Ya Asral

Avec les siens, l'Autocrate Et Constantin le Sarmate , * Confus repassèrent l'eau; Puis, nous reprîmes haleine Pour voir Ekmuhl, Wagram, Vienne, Dresde, Uhn, Lutzen, Waterloo...

Cette nuit qui, sans pareille.

N'hérita rien de la veille.

Et nous fit revoir Marseille...

C'est là qu'on nous massacra... * Ya Asra!

- 218 ~ Sois plus heureux que Ion père l Tu seras brave, j'espère!

Tu Tauras, •— la croix d'honneur f Peut-être, avant que j'expire, Tu verras aussi Tempire Et revenir l'Empereur I Seigneur, mon Dieu ! quelle fête !

Mais, tu m'exaltes la têtel...

Ne faisons pas le prophète, Dieu seul sait ce qui sera...

Ya Asra!

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