‹ Poèmes anciens et romanesques, 1887-1889Chapitre 6 sur 10 · SCÈNES AU CRÉPUSCULE IO · texte numérisé non relu

SCÈNES AU CRÉPUSCULE IO

En papillons mourant aux tresses des tileuses ! Et rétoile se double au flot de la fontaine... Pour qui tissent-elles ainsi la laine neuve Puisqu'aux trous des manteaux en loques la chair saigne.

Triste Ville où le Pèlerin se passionne Aux doux visages apparus à la fenêtre ! Ses sandales traînent les feuilles de l'automne Sur les pavés que frappe son bâton de hêtre.

Les fileuses d'été qui riaient sur les portes Ont suspendu le chanvre à la poutre de l'âtre Et pensent d'agneaux nés de mères qui sont mortes Et comme eux se blottir au manteau du bon pâtre.

Derrière le gel clair de la vitre que gerce

La brume où les feuilles sont des oiseaux légers

Elles regardent à travers toute l'averse

La ville comme une âme ouverte aux étrangers ;

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