‹ Poèmes antiquesChapitre 26 sur 45 · X. PHIDYLE · texte numérisé non relu

X. PHIDYLE

Offre un encens modeste aux Lares familiers, Phidylé, fruits récents, bandelettes fleuries : El lu verras ployer tes riches espaliers

Sous le faix des grappes mûries.

Laisse aux pentes d'Algide, au vert pays albain, La brebis qui promet une toison prochaine Paître cytise et thym sous l'yeuse et le chêne; Ne rougis pas ta blanche main.

Unis au romarin le myrte pour tes Lares, Offerts d'une main pure aux angles de l'autel, Souvent, ô Phidylé, mieux (|ue les dons plus rares, Les dieux aiment l'orge et le sel.

Plus de neiges aux prés. La nymphe nue et belle Danse sur le gazon humide et parfumé; Mais la mort est prochaine, et nous touchant de l'aile L'heure emporte ce jour aimé.

Un vent frais amollit l'air aigu de l'espace; L'Eté brûle, et voici, de ses beaux fruits chargé, L'Automne au front pourpré ; puis l'hiver ; et tout passe Pour renaître, et rien n'est changé.

Tout se répare et chante et fleurit sur la terre ; Mais quand tu dormiras de l'éternel sommeil, 0 fier patricien, tes vertus en poussière Ne te rendront pas le soleil !

XU. SAUNUM.

11 est doux de garder sur sa table frugale La salière antique , et d'aimer le sommeil , Et de ne fuir ni soi ni sa vie inégale ,

En changeant toujours de soleil.

• Le souci, plus léger que les vents de l'Epire, Poursuivra sur la mer les carènes d'airain : L'heure présente est douce ; égayons d'un sourire L'amertume du lendemain.

La pourpre par deux fois rougit tes laines fines ; Ton troupeau de Sicile est immense, et j'ai mieux: Les muses de la Grèce et leurs leçons divines, Et l'héritage des aïeux.

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