‹ Poèmes antiquesChapitre 43 sur 45 · GANGA · texte numérisé non relu

GANGA

Brahmanes! qui vivez et priez sur mes rives, Vous qui d'un œil pieux contemplez mes eaux vives, Pourquoi gémir? Quel est votre tourment cruel? Un Brahmane est toujours un roi spirituel.

Il reçoit au berceau mille dons en partage ; Aimé des dieux , il est intelligent et sage ; Il porte au sacrifice un cœur pur et des mains Sans tache ; il vit et meurt vénérable aux humains. Pourquoi gémissez-vous, ô Brahmanes que j'aime? Ne possédez-vous plus la science suprême ? Avez-vous offensé l'essentiel Esprit Pour n'avoir point prié dans le rite prescrit? Confiez-vous en moi . mes paroles sont sûres : Je puis tarir vos pleurs et fermer vos blessures , Et fixer de nouveau , loin du monde agité , Yos âmes dans le rêve et l'immobilité.

Sur le large lotus où son corps divin siège , Ainsi parlait Ganga, blanche comme la neige.

MAITRKYA.

Sailli , vierge aux beaux yeux, reine des saintes eaux,

Plus douce que le cliant matinal des oiseaux,

Que Tarome amolli qui des jasmins émane;

Reçois, belle Ganga, le salut du Brahmane.

Je te dirai le trouble où s'égare mon cœur.

Je me suis enivré d'une ardente liqueur,

El l'amour, me versant son ivresse funeste.

Dirige mon esprit hors du chemin céleste.

0 vierge, brise en moi les liens de la chair!

0 vierge, guéris-moi du tourment qui m'est cher!

NARADA.

Salut, vierge aux beaux yeux, aux boucles d'or fluide, Plus fraîche que l'Aurore au diadème humide,

tQiue les brises du fleuve au fond des bois rêvant; Reçois , belle Ganga , mon hommage fervent. Je te raconterai ma peine encore amère. Oui, le dernier baiser que me donna ma mère. Suprême embrassement après de longs adieux, De larmes de tendresse emplit toujours mes yeux. Quand vient T heure fatale et que le jour s'achève. Cette image renaît et trouble le saint rêve. 0 vierge , efface en moi ce souvenir cruel ! O vierge , guéris-moi de tout amour mortel l

ANGIRA^

Salut, vierge aux beaux yeux, rayonnante de gloire, Plus blanche que le cygne et que le pur ivoire , Qui sur ton cou d'albâtre enroules tes cheveux ; Reçois, belle Ganga, l'offrande de mes vœux.

Mon malheur est plus fort que ta pitié charmante, 0 déesse! le cloute infini me tourmente. Pareil au voyageur dans les bois égaré , Mon cœur dans la nuit sombre erre désespéré. 0 vierge , qui dira ce que je veux connaître : L'origine et la fm et les formes de l'être?

Sous un rayon de lune, au bord des flots muets, Tels parlaient tour à tour les sages inquiets,

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