‹ Poèmes antiquesChapitre 7 sur 45 · III.LKNI · texte numérisé non relu

III.LKNI

Je ne quitterai point Sparte aux nombreux guerriers,

Ni mon fleuve natal et ses roses lauriers,

Ni les vallons aimés de nos belles campagnes

Où danse et rit encor l'essaim de mes compagnes;

Ni la couclie d'Atride et son sacré palais.

Crains de les outrager, fils de Priam, fuis-les!

Sur ton large navire , au delà des mers vastes ,

Fuis! et ne trouble pas des jours calmes et chastes.

Heureux encor, siZeus, de ton crime irrité.

Ne venge mon injure et l'hospitalité.

Fuis donc, il en est temps. Déjà sur l'onde Egée,

A l'appel de l'Hellade et d'Hélène outragée,

Le courageux Atride excite ses rameurs ,

Regagne ta Phrygie, ou si tu tardes, meurs!

PARIS

La rose d'Ionie ornera ma trirème ,

Et tu seras à moi, noble femme que j'aim.e!

Les dieux me l'ont promis; nous trompent-ils jamais?

HÉLÈNE

Les dieux m'en sont témoins, Etranger, je te hais. Ta voix m'est odieuse et ton aspect me blesse. 0 justes dieux, grands dieux! secourez ma faiblesse. Je t'implore, ô mon père, ô Zeus! ah! si toujours J'ai vénéré ton nom de pieuses amours ; Fidèle à mon époux et vertueuse mère , Si du culte d'Eros j'ai fui l'ivresse amère ; Souviens-toi de Léda , toi , son divin amant , Mon père ! et de mon sein apaise le tourment.

Permets qu'en sou palais où Pallas le ramène,

Atride , entre les Grecs , soll fier encor d'Hélène.

0 Zeus, ô noble Atride , ô ma fille, ô vertu ,

Sans relâche parlez à mon cœur abattu ;

Calmez ce feu secret qui sans cesse m'irrite.

.le hais ce Phrygien, ce prêtre d'Aphrodite,

Cet hôte au cœur perfide, aux discours odieux...

Je le hais, mais qu'il parte, et pour jamais! grands dieux!

Je l'aime! c'est en vain que ma bouche le nie,

Je l'aime et me complais dans mon ignominie !

LE CHOEUR DE FEMMES

0 Reine ; les douleurs me pénètrent d'eff'roi.

LE CHOEUR d'hommes.

Tu triomphes, Eros, et Paris avec toi.

LE CHOEUR DE FEMMES

Eros, épargna Hélène, ou frappe-moi pour elle.

LE CHOEUR D HOMMES

Poursuis, divin Eros, dompte ce cœur rebelle.

Aphrodite et Pallas, ô combat abhorré ! Se disputent Hélène et son cœur déchiré.

HELENE

Ne cesserez- vous point, ô dieux inexorables, D'incliner vers le mal les mortels misérables!

LE CHOEUR D HOMMES

PIcMirs, conibafs insensés, inuliles efforts.

Tu résisles en vain, et les dieux sont plus forts.

DÉMODOCE.

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