MAIN'I DES RÉAUX
Voici la rue et le plantain, Le jus de taupe et la merd'oie; Voici la graisse de putain, Le cloporte, le ver à soie Et le bol que Fag-on emploie.
Ci la Bête du Gévaudan, Ecco le fiel de la baudroie :
Voici les pieds de Péladan !
Reniflez un peu ! Ni le thym, Ni la peau d'Espagne où se choie L'orgueil ducal d'un blanc tétin, Ni l'ambre, ni l'huile de foie Que rislande à Barrés envoie.
Ni tes narcisses, Eridan, Au humer n'offrent tant de joie Voici les pieds de Péladan.
Quel charme ignoré du Bottin Envoûte l'amoureuse proie?
Nébo l'a dit à Trissotin.
Donc, lâchez un peu la courroie De votre bourse et que l'on m'oye :
Pour que bachelette (à son dam !) Livre aux mages la petite oie, Voici les pieds de Péladan!
ENVOI
Prince d'Elseneur ou de Troie, Fuyez l'œuvre d'Adolphe Adam Et ces baumes que je déploie :
Voici les pieds de Péladan!
POi!:MES ARISTOPfTANF.SQUES
BALLADE i4 JUILLET
Clairons, trompettes et hautbois.
Chant du départ et Marseillaise Beuglent sur le pavé de bois.
Les rousses-cag'nes, dans leur fraise, S'en vont au pourchas de la braise Près du quai Michel, ce Lido ; Voici le lendemain du treize ; Ça se fête degiieulando.
Joseph Prudhomme et Pipenbois, Les g-entlemen de la Corrèze, Ceux du Perche et ceux de l'Artois Eructent mainte catachrèse (Au veau l'on reconnaît la fraise !) Le roussi n avec le bedeau Se convomissent à leur aise :
Ça se fête deguealando.
Mais, où donc est la fleur des pois i
Montesquiou, Péladan, Barrès-e,
Les Bourg'et et les Dieulafoy
Sollicitant la diurèse?
Les ceuss qui viennent de Manrèse,
Bloy vociférant son credo
Et mon frère Yve en Navarraise?
Ça se fête degueidandoy
ENVOI
Prince^ qu'éleva dans Sorrèze
Un moine à tripes de vedeau,
Plus n'est besoin de rime en « rèse »
Notre joie est combien française 1
Ça se fête degueulando.
124 POÈMES AFvISTOrHANESOUES
BALLADE
POUR s'enquérir du sieur ALBERT JOUNET
Monsieur Jhouney s'appelle Jounet, mais quand il publia les Lys noirs, recueil de vers « ivres d'Elohim » et consternants de platitude, il crut devoir adopter cette orthographe cabalistique, la jugeant plus convenable pour un mage qui s'effare» devant l'obscurité où s'enveloppe lod-Héva l'Inaccessible ».
L'Ouvreuse, lettre xxx.
D'où vient ce thaumaturge pour Les vieilles g'aupes claudicantes ?
De Stockholm ou de \isapour, Ou du bordel que tu fréquentes, Guérin aux lèvres éloquentes? Sort-il de Tarbe ou de Java?
Place-t-il du vin, des toquantes, Jhouney pochard d'Jod-Héva?
DIX-HJIT BALLADES FAMILIÈkES 125
A-t-il, un soir de lom Kippour^ Envoûté le bouc, ô Bacchantes?
Et sous les g"ibets — AlasI poor Yorick! — fané de vésicantes Aigremoines et des acanthes?
Quel Brâhmapoutra l'abreuva?
Quel liebfraumilch ? quels alicantcs, Jhouney pochard d'Iod-Héva?
Le g'ong-, l'archiluth, le tambour Mug-issent toutes fois et quantes G. Papus lui lit : ARebours.
Geignez ses tempes coruscantes De fleurs, marquises et pacantes!
Même, octroyez quelque linve à Ce bonze honni des cruscantes, Jhouney pochard d'Iod-Héva,
ENVOI
Sar Nébo, puisque tu décantes L'escafignon cher à Çiva, Dégrise en ces odeurs piquantes Jhouney pochard d'Iod-Héva.
126 PoivES ARISTOPHANBSOUES