‹ Poèmes aztéquesChapitre 20 sur 34 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

'DE iKOTEUCZOMA XOCOYOTZl'K

A GUILLERMO PRIOTO

L'Empire aslèque ne fui pas conquis par les espagnoles seules; on doit celt« coaquêle aux i indigènes rivales ou ei^nemies de TëuochliUs s'UDîrent aux Espagnols. Covlèz les excita pt moyens adroits et s'en fit des amies. Sans ces i brablea aUifts. qui les prenaient pour des diei Castillans eussent eié détruits maintes fois.

CortËz. bien reçu par Moteuczoma, abusa de la crr du monarque que des présages de ruine avaiei eBrayé ; il le lit prisonnier, sans que rien ne ji cette agression et l'emmena dans le palais que lui-même lui avait donné pour, se loger.

Les Meiis se révoltèrent contre les Espagnole, H îoma ayant voulu les apaiser fut blessé par eui

Il mourut sans vouloir renier ses dieux.

Bernai Diaz, Clavioero, Pre^coii, etc., e

^UR de légères nefs ouvrant blanches et grand Ainsi que dea oiseaux, leurs ailée à tout vent,

172 La mort de Moieuczoma Xocoyotzin.

Les pâles étrangers qu*annonçaient les légendes Far le chemin des flots sont venus du levant.

On les a vus, couverts de brillantes cuirasses, Sur les plages mexis débarquer un matin ; Lutteurs que rien n*émeut, aventuriers tenaces, Sans hésiter ils ont pris au corps le destin.

Dès l'abord, étonnant leurs premiers adversaires

Par le bruit des canons, leurs chevaux, leurs vaisseaux,

Ils se sont fait bientôt des alliés sincères

En s'ofTrant à venger les rancœurs des vassaux.

Les peuples asservis par les princes aztèques, Sans cesse conspiraient contre Ténochtitlan : Cortèz, après avoir défait les Tlaxcaltèques» Les décida sans pçine à seconder son plan.

Croyant les hommes blancs des dieux invulnérables, Et brûlant de venger les affronts d'autrefois. Ils ne virent en eux que les vainqueurs probables Des vainqueurs abhorrés dont ils portaient les lois.

La mort de Motettczoma Xocoyolzin

Devant lea Castillans, tombent tous les obstacl Le roi Moteuczoma se met à leur merci; Voit en eux les vrais dieux promis par les orac Et leur livre aussitôt la puissance mexi.

Cortèz, alors, agit et par force et par ruse ; A peine à Mexico, procédant sans délais, II se moque du roi confiant qu'il abuse Et qu'il fait prisonnier dans son propre palais..

Mais les Mexis honteux de la faiblesse vile De leur roi, contre lui, viennent de s'insurger; Une sourde rumeur s'élève de la ville ; Ténochtitlan s'apprête à chasser l'étranger.

Les prêtres proscrivant le souverain qui n'ose Combattre, ont pris un chef pour défendre leur Aux glaives castillans le macahuitl s'oppose, Mexitli va lutter en&n contre la Croix!

D'innombrables guerriers cernent la citadelle Où Don Hernan Oortéz a logé ses soldats ;

174 La mort de Moteuczoma Xocoyotzin.

Le roi, par les créneaux» parle au peuple rebelle. Mais, l'uQ de ses seigneurs l'apostrophe d'en bas :

< Tais-toi; vil empereur qui prends une quenouille Pour sceptre; es-tu donc las d'être homme et d'être roi? Ténochtitlan renie un chef qui s'agenouille

Devant ses ennemis et supporte leur loi

< Viens lutter avec nous si tu n'es pas infâme ; Mexitli veut le sang des hommes pâles; viens! Ou bien, si le courage est tari dans ton âme.

Meurs chez nos ennemis qui ne sont plus les tiens. »

Et, comme l'empereur ne trouvait que des larmes Pour répondre aux clameurs de son peuple irrité, Ses guerriers, contre lui, dirigèrent leurs armes En maudissant son règne et sa postérité

Atteint mortellement, l'empereur se renverse En poussant un grand cri dans les bras d'un soldat Espagnol ; et son peuple affolé se disperse^ En déplorant l'horreur de son propre attentat.

La mort de Moteuczoma Xocoyotzi

Moteuczoma se meurt à côté de sa couche,

Ud prêtre castillan lui montre un crucifix ;

I Roll voici le vrai Dieu, le Seigaeur, par ma

II t'offre son royaume et tu seras son fils Situ veux recevoir l'eau sainte du baptême ;

Abjure tes erreurs! » Le roi ferme les yeux

■ Je ne renierai pas à mon heure suprême, Dit-il, en soupirant, la foi de mes aïeux; N'est-ce donc pas assez d'avoir trahi ma race,

D'avoir livré ma ville et perdu ma fierté?

Je ne crains pas la mort et la veux voir en fac< Étranger, laisse-moi mourir en liberté ! a

Le roi reste immobile ainsi qu'une statue; Sa déchéance, ô dieux! est complète aujourd'h Sa blessure a'estrien, mais la honte le tue D'avoir vu ses sujets révoltés contre lui.

Par instants, il entend au loin te cri de guerre Des Mexis et son cœur se brise en comprenant

i76 La mort de Moteuczoma Xocoyotzin.

Combien juste voyaient les mages qui naguère Lui prédisaient les maux dont il meurt maintenant.

Hélas ! pourquoi faut-il qu'il tremble et qu'il expire, Ainsi, loin de son peuple, et blessé par ses mains ! Les pâles étrangers vont briser son empire, Les grands jours des aïeux seront sans lendemains..

Ces hommes qu'il croyait des dieux,sont pleins de crainte En écoutant les cris des Mexis en fureur; Leur amitié n'était qu'une grossière feinte, Leur audace naissait de l'excès de la peur !

Il voit bien, mais trop tard, qu'il eût fallu défendre Ses peuples et mourir en combattant pour eux ; Pourtant, si Mexitli daignait, enfin, l'entendre Il prendrait en pitié les Mexis valeureux!

Qu'a-t-il donc fait aux dieux pour qu'ainsi leur colère Le frappe sans répit? Son faste, son orgueil. Ont-ils pu mériter la destinée amère Qui remplit son déclin de terreur et de deuil ?

La morl de Moteuctoma Xocoyotzin.

Eh bien ! il s'ofîre, ô dfeus ! pour expier ses faut Qu'oïl le jette à jamais danB les mondes obscurs Mais, queTénoclititlan, du moins, chasse les hô Que son trop faible maître attira dans ses murs

Et le roi, déplorant son orgueil, sa lusure.

Sa faiblesse et sa peur, se lève endolori.

Arrache l'appareil qui couvre sa blessure, La rouvre et meurt debout, les yeux clairs, sans u

O fila d Axayacatl ! la mort hospitalière Te tend son sein tranquille et te verse l'oubli ; Les dieux marquent au ciel ta minute dernière. Dors, pauvre roi déchu Ion sort est accompli

CUITLAHUAC

10"« ROI DE TÉNOCHTITLAN

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