‹ Poèmes aztéquesChapitre 24 sur 34 · A EUGENE SCHNETZ · texte numérisé non relu

A EUGENE SCHNETZ

Cuitlahuac mourut de la petite vérole (maladie introduite dans le Nouveau-Monde par les Espagnols) au moment où ses plans allaient amener peut-être la ruine des Castillans.

Orozco y Berra (vol. IV, liv. II, chap. xii).

ss dieux sont impuissants à défendre l'Empire, Il a perdu vassaux, alliés et sujets; Il est debout encor, mais l'empereur expire Sans avoir accompli ses glorieux projets.

Il voulait, remplaçant Moteuczoma le lâche, Chasser les Espagnols, délivrer son pays, Mais, à peine en est-il au début de sa tâche Que son cœur et son bras par le sort sont trahis :

ew Mort de Cuitlahuac.

La Nuit Triste n*a pas anéanti larmée Castillane : Otompan a vu fuir les Mexis; Dans un cercle de mort sa ville est enfermée Par les rantrs espagnols des Tlaxcalans grossis.

Abattu par un mal étrange qui le mine Il pé^e ses destins, grelottant et fiévreux; Il voit que son royaume à la nuit s^achemine Ses ennemis sont trop, il ne peut rien contre eux.

Vainement, les Mexis pleins d'un mâle courage. Dans les prochains combats tomberont par milliers ; Que peut leur armement, que peut leur froide rage Contre Cortèzavec trois cent mille alliés?

Si l'on ne peut plus vaincre, on peut mourir encore ! Le Mexi mourra libre ainsi qu'il a vécu; Combattant pour sa ville et les dieux qull adore, Ayant au poing le glaive et tendant son écu.

Mais lui, le roi, doit donc être seul inutile !

Va-t-il mourir sans gloire, en son lit, loin des blancs?

O douleur ! on se bat et lui reste immobile

Retenu par le mal qui lui ronge les flancs.

Mort de Cuitlahuac, 205

Et Cuitlahuac cloué sur son lit de souffrance, Sent des larmes couler brûlantes de ses yeux ; Stoïque, il les refoule et dans Tultime transe Il meurt en implorant pour son peuple, les dieux.

Puebla, 1887.

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