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Brusquement, Tun des coins de sa tente se lève Et rhorizon profond s'entr'ouvre devant lui. Sinistre vision ! quel est cet affreux rêve?
Quelle est cette clarté qui dans cette ombre a lui?
Quels sont ces tas de morts épandant leurs entrailles? Quels sont ces monuments abattus sans raison? Ah ! pourquoi tout ce sang, ces lâches représailles, Ces hurlements d*horreur, ces cris de trahison !
Que veulent ces guerriers écrasés sans bataille, * Ces ancêtres traînés par leurs longs cheveux blancs, Ces femmes dont le sein porte une large entaille, Ces enfants dont le fera déchiré les flancs !.....
Le roi Moteuczoma de l'Espagnol s'approche.
« — Arrière mécréant! va-t-en fantôme noir! •
a — Salut au fier vainqueur dont le cœur est de roche Et qui vint en ami dans mon palais s'asseoir !
1 Cortèz, dans ses lettres êi Charles-Quint, se vante de ce qu'êi Chololan, pendant les deux premières heures du massacre, ses soldats tuèrent plus de a trois mille guerriers ». Il est vrai que ceux-ci étaient venus sans armes, ne se doutant pas de la perfidie de Cortèz.
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< iT-izd- fi>rt. puissant..
La Vision de Gorléz.
iur! la main de Dieu lui Touette le visage gloire s'éteint dans un fleuve de sang!
Cortèz se détourna; l'&me soudain calmée,
Sur son front nuageux il promena sa main ;
Il sortit de sa tente, inspecta son armée
Kt, tranquille, ordonna l'assaut du lendemain..
.Veu! York, — A.oût 1888.
CAUHTÉMOC
A IGNACIO ALTAMIRANO
Cuatemotzin était jeune et son rôle politique fut court mai» glorieux. Personne ne peut refuser son admiration au courage avec lequel il défendit sa capitale tant qu'il y resta pierre sur pierre et nos sympathies sont plutôt pour le chef aztèque dévoué à l'indépendance de son pays que pour son heureux antagoniste, le représentant de la civilisation,
Prbscott (liv. VI, chap. m).
L'exécution de Cuatemozin (Gauhtémoc) fut une chose injuste et nous fûmes tous d'accord pour la blâmer.
Bernai Dijli (Hist. de la Conquista de Mexico, chap. 177).
[ES hommes au teint blanc, les bâtards du soleil, Ont défait maintes fois les hordes mexicaines ; Les ruisseaux ont changé leurs flots en sang vermeil Et les monceaux de morts ont engraissé les plaines.
Cauhtémoc. 245'
L'Empire avec terreur sent approcher sa fin ; Cinq cent mille alliés cernent sa capitale ; Les Aztôques, en proie à la peste et la faim, Attendent sans trembler la minute fatale .
Cauhtémoc a juré de mourir en guerrier ; Il soutient ses sujets par son vaillant exemple ; On le voit sans répit ou combattre ou prier, Debout dans la bataille, à genoux dans le temple.
« Tout-puissant Mexitli, daigne fixer les yeux Sur ton peuple et son roi que l'étranger insulte ; Il vient pour usurper les droits de nos aïeux, Et sa religion va remplacer ton culte.
« Viens à notre secours et, demain, à tes pieds Nous te sacrifierons les hommes au front pâle ; Tu boiras à long traits le sang des alliés, Nos chants se mêleront à leur douloureux râle.
216 Cauhlémoc.
t Des traîtres Tlaxcalans, nous t'offrirons les cœurs ; Permets-nous Mexitli, de vaincre ces esclaves ; Ou bien, s'il ne se peut que nous soyons vainqueurs, Permets, du moins, ô dieu ? que nous mourions en braves.:
< Et qu'ayant épuisé nos suprêmes efTorts Pour défendre un instant nos croulantes murailles, Nous tombions sur le dos, entre les tas de morts Dont nos lances auront répandu les entrailles ! »
Le peuple, autour du Roi, d'enthousiasme empli, Se prosterne devant le colosse de pierre :
« Maître de la victoire, ô divin Mexitli !
ICcoute Cauhtémoc, exauce sa prière;
» De tes adorateurs, prends pitié sans retard,
Toi, dont le bouclier a protésré nos pères ;
Si tu daignes sur nous abaisser ton regard.
Nous reverrons le cours de nos destins prospères ! »
Or, le combat dura de l'aurore au coucher Du soleil ; et Cortèz eut encore la victoire ;
Cauhtémoc, 217
Les Aztèques vaincus se laissèrent faucher Sur le dernier quartier libre du territoire.
Aux mousquets n'opposant que leurs écus bombés, Que pouvait espérer leur phalange immobile ?
Autour de Cauhtémoc les meilleurs sont tombés Lui faisant de leurs corps un rempart inutile... .
Pauvre roi ! que n'as-tu péri dans ce combat, Au milieu de ton peuple égorgé par la rage Des vainqueurs; c'eût été la mort d'un vrai soldat : Un trépas glorieux eut payé ton courage !
Ah ! la mort valait mieux que la captivité ; Tes yeux n'auraient pas vu sombrer ta capitale Pendant que tes vainqueurs emplis d'avidité, Se partageaient ton trône et ta terre natale!
Tes yeux n'auraient pas vu la chute de tes dieux ;
Tu n'aurais pas souffert cette torture infâme
Qui rend à tout jamais tes bouixeaux odieux,
Mais qui sur leur bassesse a mis ta grandeur d'âme...
ÎM Cauhtémoe.
UikiL^ 13. D^T^ [ointain, de tous alMuadonné, Apr -:» cr:L^ .uls biea lon.:^s d'an incessant martsrre, T 1 3ioarrtk} de la mort d'un traître, assassiné r ir celui do at le bras a conquis ton empire.
Le? T.uitour« a^aznés déchireront ta chair E: tes os blanchiroat longtemps sans sépulture ; M^â, ju:stice da sort ! on destin plus amer Ar:ead ton a^ssassin et venge ta torture :
Pour noircir ses hauts fêltBj pour augmenter ses torts, Contre lui Tont hurler l'imposture et Tenvie ; Dédaigné par ses rois, bourrelé de remords, Il mourra triste et seul et lassé de la Tie...
A présent, tous les deux, Conquérant, Empereur, Vous dormez dans la paix des demeures dernières ; Au charnier de la mort quelle est votre valeur? Aux balances de Dieu, que pèsent vos poussières ?
Cauhtémoc. 219
L'heureux aventurier, le monarque impuissant N'ont pas encor trouvé leur place dans l'histoire ; Sur le front de Cortèz, moi, je vois trop de sang Et trop d'or dans ses mains pour lui laisser la gloire.
Même en faisant la part des erreurs d'autrefois.
Siècles de fanatisme et d'ignorance atroce
A mes yeux, Cauhtémoc expirant pour les droits
De son peuple, est plus grand que son vainqueur féroce (
Mewico. — 18S4,
TORTURE DE CAUHTÉMOC