LA GENÈSE POLYNÉSIENNE
Tout gît muet encore au fond du gouffre énorme ; Tout reste sourd, aveugle, immuable et sans forme. L'Être unique, aussitôt, cette source des Dieux, Roule dans sa main droite et lance les sept cienx. L'étincelle première a jailli dans la brume. Et l'étendue immense au même instant s'allume; Tout se meut, le ciel tourne, et, dans son large lit. L'inépuisable mer s'épanche et le remplit : L'univers est parfait du sommet à la base. Et devant son travail le Dieu reste en extase.
La Légende des Nomes.
Elles sont assises sur les racines du frêne Yggdrasill.
PREMliRE NORNE.
LA neige, par flots lourds, avec lenteur, inonde, Du haut des cieux muets, la terre plate et ronde. Tels, sur nos yeux sans flamme et sur nos fronts courbé: Sans relâche, mes sœurs, les siècles sont tombés. Dès l'heure où le premier jaillissement des âges D'une écume glacée a lavé nos visages.
A peine avions-nous vu, dans le brouillard vermeil Monter, aux jours anciens, l'orbe d'or du soleil. Qu'il retombait au fond des ténèbres premières, Sans pouvoir réchauffer nos rigides paupières. Et, depuis, il n'est plus de trêve ni de paix : Le vent des steppes froids gèle nos pleurs épais. Et, sur ce cuivre dur, avec nos ongles blêmes. Nous gravons le destin de l'homme et des Dieux mêmes.