‹ Poèmes barbaresChapitre 29 sur 66 · LE MASSACRE DE MONA. IJI · texte numérisé non relu

LE MASSACRE DE MONA. IJI

ilence, adorateurs du Diable! Par le sang ésus, le vTai fils du Père tout-puissant, n se taise ! Ou sinon, Païens maudits, sur l'heure ■ ; grincerez des dents dans l'ombre extérieure. )us le dis. Enfants entêtés de l'Enfer : )iseaux carnassiers mangeront votre chair ; lauvais brûlera vos âmes, dans son gouffre, des lits ruisselants de résine et de soufre ; ' j vous tordrez, rongés d'un feu toujours accru, ^ rires des Démons en qui vous aurez cru, DUS ne renoncez à votre erreur immonde, ous ne confessez le Rédempteur du monde! —

i t ainsi que parla, sur le faite du roc,

i Lambrien, vengeur du Christ, le roi MnrdocTi.

ous firent silence à cette voix soudaine,

.orable cri de fureur et de haine, , anant la nuit sainte et les rites des Dieux. i e Très-Sage, alors, dit, sans lever les yeux :

»ourquoi les Purs sont-ils muets avant le terme 7 songe a-t-il troublé leur cœur jadis si ferme, : leur harpe et leur chant se taisent tout à coup, ' ju'ils tremblent de peur au hurlement d'un loup? '• ame un voleur de nuit, lâche et souillé de fange, " animal féroce a faim et soif, qu'il mange ! la pâture est prête, et boive en liberté ; s qu'importe aux enfants de l'immortaUté,

113 POËMBS Barbares.

Quand le ciel resplendit et s'ouvre ? Que mes frères Déroulent le flot lent des hymnes funéraires. Et sans prêter l'oreille aux vains bruits d'un moment ■ Qu'ils songent à renaître impérissablement ! —

D'une voix calme, ayant dit cela, le Très-Sage D'un pan de son manteau se couvrit le visage ; Et ceux qui saisissaient d'une robuste main Les haches de granit et les glaives d'airain S'inclinèrent autour du Vieillard prophétique Par qui parlent les Dieux de la patrie antique. Soumis à son génie, et certains qu'à l'instant Où vient la mort, l'esprit monte au ciel éclatant.

— Hommes du Chêne, dit Uhcldéda, la veille Des neuf Nuits, un cri sourd a souillé notre oreille ; Mais ce n'est point un loup qui hurle, ce n'est rien, Par les Dieux, fils de Math 1 que l'aboiment d'un chien.

— Meurs donc ! cria Murdoc'h, meurs, selon ton cuvie. Mourez tous, ô Païens que le Démon convie.

Vous qui du Seigneur Christ êtes les meurtriers, Car la vengeance a faim et soif! A moi, guerriers ! —

Et les flèches de cuivre à pointe dentelée Sifflèrent brusquement à travers l'assemblée. Et les harpes vibraient, sonores, et les voix. Tranquilles, vers le ciel résonnaient à la fois:

LE UASSACKE DE HONA. I33

Et tous, indifférents aux atteintes mortelles,

Ke cessaient qu'à l'instant où l'âme ouvrait ses ailes.

Les arcs tintaient, les traits s'enfonçaient dans les flancs,

Sans trêve, hérissant les dos, les seins sanglants.

Déchirant, furieux, la gorge des prêtresses

Dont la torche fumante incendiait les tresses.

Et tout fut dit. Q.uand l'aube en son berceau d'azur

Dora les flots joyeux d'un regard frais et pur,

L'Ile sainte baignait dans une vapeur douce

Ses hauts rochers vêtus de lichen et de mousse,

El, mêlant son cri rauque au doux bruit de la mer.

Un long vol de corbeaux tourbillonnait dans l'air.

La Vérandah.

Au tintement de l'eau dans les porphyres roux Les rosiers de l'Iran mêlent leurs frais murmures, Et les ramiers rêveurs leurs roucoulements doux. Tandis que l'oiseau grêle et le frelon jaloux, Sifflant et bourdonrrant, mordent les figues mûres, Les rosiers de l'Iran mêlent leurs frais murmures Au tintement de l'eau dans les porphyres roux.

Sous les treillis d'argent de la vérandah close. Dans l'air tiède embaumé de l'odeur des jasmins. Où la splendeur du jour darde une flèche rose, La Persane royale, immobile, repose.

Derrière son col brun croisant ses belles mains, Dans l'air tiède, embaumé de l'odeur des jasmins, Sous les treillis d'argent de la vérandah close.

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