‹ Poèmes barbaresChapitre 44 sur 66 · LE BERNICA · texte numérisé non relu

LE BERNICA

Mais l'âme s'en pénètre ; elle se plonge, entière, Dans l'heureuse beauté de ce monde charmant ; Elle se sent oiseau, fleur, eau vive et lumière; Elle revêt ta robe, ô pureté première 1 Et se repose en Dieu silencieusement.

Le Ja

guar.

So u s le rideau lointain des escarpements sombres La lumière, par flots écumeux, semble choir ; Et les mornes pampas où s'allongent les ombres Frémissent vaguement à la fraîcheur du soir.

Des marais hérissés d'herbes hautes et rudes. Des sables, des massifs d'arbres, des rochers nus. Montent, roulent, épars, du fond des solitudes, De sinistres soupirs au soleil inconnus.

La lune, qui s'allume entre des vapeurs blanches. Sur la vase d'un fleuve aux sourds bouillonnements. Froide et dure, à travers l'épais réseau des branches, Fait reluire le dos rugueux des caïmans.

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