‹ Poèmes barbaresChapitre 49 sur 66 · LA DERNIÈRE VISION · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE VISION

Et, d'heure en heure aussi, vous vous engloutirez, O tourbillonnements d'étoiles éperdues. Dans l'incommensurable effroi des étendues. Dans les gouffres muets et noirs des cieux sacrés 1

Et ce sera la Nuit aveugle, la grande Ombre Informe, dans son vide et sa stérilité. L'abîme pacifique où git la vanité De ce qui fut le temps et l'espace et le nombre.

Les Rêves morts.

Vois! cette mer si calme a comme un lourd bélie EfFondré tout un jour le flanc des promontoires. Escaladé par bonds leur fumant escalier, Et versé sur les rocs, qui hurlent sans plier. Le frisson écumeux des longues houles noires. Un vent frais, aujourd'hui, palpite sur les eaux ; La beauté du soleil monte et les illumine, Et vers l'horizon pur où nagent les vaisseaux, De la côte a2urée, un tourbillon d'oiseaux S'échappe, en arpentant l'immensité divine. Mais, parmi les varechs, aux pointes des îlots. Ceux qu'a brisés l'assaut sans frein de la tourmente. Livides et sanglants sous la lourdeur des flots, La bouche ouverte et pleine encore de sanglots.

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