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LE BARDE DE TEMRAH

£t la lumière alors renaît au fond des cieux ; Les oiseaux ranimés chantent l'aube immortelle; Les cerfs brament aux pieds des chênes radieux;

Le soleil est plus doux et la terre est plus belle, Et les vieillards, auprès du bûcher consumé, Sentent passer le Dieu d'une race nouvelle.

L'homme qu'ils redoutaient et qu'ils ont blasphémé. Cet inconnu tranquille et vénérable aux anges. Poursuit sa route, assis dans un char enflammé.

Il vient de loin, il sait des paroles étranges

Qui germent dans le cœur du sage et du guerrier ;

Il ouvre un ciel d'azur aux en&nts dans leurs langes.

n brave en souriant le glaive meurtrier; Il console et bénit, et le Dieu qu'il adore Descend à son appel et l'écoute prier.

O verdoyante Érinn ! sur ton sable sonore Un soir il aborda, venu des hautes mers; Sa trace an sein des flots brillait comme une aurore.

On dit que sur son front la neige, dans les airs, Arrondit tout à coup sa voûte lumineuse. Et que ton sol fleurit sous le vent des hivers.

Depuis, il a soumis ta race belliqueuse; Des milliers ont reçu le baptême éternel. Elles anges, Érinn, te nomment bienheureuse I

Mais tous n'ont point goûté l'eau lustrale et le sel ; Il en est qui, remplis de songes immuables. Suivent l'ancien soleil qui décroît dans le ciel.

La nuit monte. Parmi les pins et les érables Gisent de noirs débris où la flamme a passé, Du vain orgueil de l'homme images périssables.

Le lichen mord déjà le granit entassé,

Et l'herbe épaisse croît dans les fentes des dalles,

Et la ronce vivace entre au mur crevassé.

Les piliers et les fûts qui soutenaient les salles, Épars ou confondus, ont entravé les cours. En croulant sous le faix des poutres colossales.

C'est dans ce palais mort, noir témoin des vieux jours. Que l'Apôtre s'arrête. Au milieu des ruines Il s'avance, et son pas émeut les échos sourds.

Les reptiles surpris rampent sous les épines ; L'orfraie et le hibou sortent en gémissant. Funèbre vision, des cavités voisines.

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