‹ Poèmes choisisChapitre 9 sur 47 · SOLITUDE SOLAIRE · texte numérisé non relu

SOLITUDE SOLAIRE

Eurydice n'est plus. Fille de Talaon, Il fallait que l'élu connût les stations

Qui marquent leur voie aux fils d'Apollon,

Le bel et triste dieu blond

Dont l'amour frappe et calcine;

Le solitaire qui sait

Les rythmes et les secrets

Et les promesses divines; Le conseiller des dieux; l'universel témoin Dont le chant mène l'homme, et qui ne juge point

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Et qui seulement porte Témoignage...

Hélas, Eurydice est morte.

Orphée est seul, puni par ses voeux de bonheur, Qui retombent en pluie de pleurs.

FERNAND DIVOIRE

L'HARMONIE DECHIREE

L'unité de deux cœurs que voici déliée, L'harmonieux amour que la mort a détruit,

Orphée en songe le recrée De lui seul et de la tendre âme déchirée

Qui doucement veille sur lui,

Eurydice l'inoubliée.

ORPHEE AUX MENADES

Errant, prends garde de trahir, De sourire aux ménades folles, dévêtues, De traîner parmi leurs déairs Ton inutile harpe, détendue.

Ne sois pas l'Orphée aux chaînes de fleurs, Couronné de fleurs d'Ionie Et qui renie, et qui oublie...

Orpheus. Mais célébrer la sereine splendeur. Et guider d'un fil d'harmonie Le vol de l'humaine âme en pleurs; Mais gouverner les panthères dociles, Etre le bâtisseur Dont la harpe construit les villes.

Voilà le grand Orphée; et goûter la douceur. L'âpre douceur où baigne une âme toute seule... Les folles rôdent, c'est ton cœur,

Ton cœur, Ah! ton cœur divin qu'elles veulent.

FERNAND DIVOIRE

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