AU PAYS
Au Pay.s
J E reviens par les champs : le vent du soir balance
Les sveltes peupliers, Et j'écoute, un à un, rentrer dans le silence
Tous les bruits familiers.
Une étoile, visible à peine, déjà tremble
Au bord de l'horizon...
C'est l'heure où la rumeur des choses se rassemble
Autour de la maison.
C'est l'heure où, comme hier, soudainement lassée
Et prise de langueur, Je sens que, malgré moi fidèle, ma pensée
Rentre aussi dans mon cœur.
t>4 LE S O N G n n K L'AMOUR
II y fait triste et /roid, dans ce cœur que tourmente
Un obstiné désir, Et rien ne le distrait de la lointaine aman..
Qu'il s'est voulu choisir.
Pourtant l'air est si doux, les couleurs si jolieS;
En ce rayonnement Où l'ombre claire encor sur les clartés pâlies
Se pose lentement;
La ligne des coteaux se détache si pure,
Sur le ciel bleu du soirl...
Des arbres, çà et là, dressent la découpure
De leur feuillage noir.
A travers les tilleuls, au loin, le toit qui fume
Se montre et, tour à tour, Se cache ; au long des prés, l'odeur des foins parfume
Le chemin du retour.
Et là-haut, vaporeuse et comme diaphane
Dans le jour finissant, La lune attend qu'au ciel tout pâlisse et se fane
Pour dorer son croissant...