‹ Poèmes d'amourChapitre 41 sur 94 · SOLITUDE · texte numérisé non relu

SOLITUDE

Comment donc suis-je làl Je riais tout à l'heure; Mais fatiguée, au loin, toute rumeur décroît... Vais-je donc m'en aller seul dans le matin froid, Comme un enfant perdu qui grelotte et qui pleure

J'avais cru mort trop tôt mon cœur mal endormi. Moi-même au fond de moi je pénètre et me juge. Mais près d'un autre cœur j'ai besoin d'un refuge, Depuis que mon passé ne m'est plus un ami.

Pour sa pâleur et sa tristesse dédaignées, Q.uel douloureux attrait de pitié sans désir Me fera du regard distraitement choisir Une de celles-là que tous ont désignées?

Des pleurs mal étouflfés trembleront dans ma voix, Et peut-être, en mes yeux voyant sa gaîté vaine, Elle saura trouver pour consoler ma peine Un de ces mots très doux qu'elles disent parfois.

Souvenirs

J E ne sais qu'aujourd'hui comme j'étais heureux j La douceur de l'attendre empHssait mes journées; J'avais chez moi des fleurs qu'elle m'avait données; Mes souvenirs du jour, le soir, rêvaient entre eux.

Elle me racontait les choses de sa vie : Ce qu'elle a fait hier, ce qu'elle fait demain, Si bien que ma pensée, au long de son chemin, D'avance, en tous ses pas, l'avait déjà suivie.

J'étais l'ami tendre et fidèle en qui l'on croit. Je me disais que ma présence dans son âme Y mettrait la tiédeur paisible d'une flamme Dans une chambre obscure au déclin d'un jour froid.

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