‹ Poèmes d'amourChapitre 62 sur 94 · REFRAIN · texte numérisé non relu

REFRAIN

Refr

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^N vague refrain se lamente Sans mots, dans mon âme, aujourd'hu-i, Et je sens que les bras de la plus douce amante Ne pourraient seulement que bercer mon ennui.

Mon œil traîne aux pages d'un livre;

Mais j'ignore ce que j'ai lu...

Pour être heureux, sans doute, il faudrait vouloir vivre : Ce soir, mon chagrin même hésite, irrésolu.

Je ne sais pas si je suis triste;

Je reste immobile et distrait.

En silence, à penser vaguement que j'existe... Ma vie est sans espoir comme elle est sans regret.

l8o LE CHEMIN DE l'ouBLI

Au dehors, des bruits vont et viennent,

En des roulements assourdis...

Sans émoi, sans frissons, mes lèvres se souviennent Des longs baisers vivants qu'elles aimaient jadis.

Une indolence fatiguée

Pèse à mon front et sur mon cœur...

Tant d'aveux m'ont meurtri de leur douceur trop gaie. Tant d'adieux m'ont laissé leur secrète rancœur!

Ma jeunesse est finie... Oh! vais-je,

Sur mon cœur vide et ruiné.

Sentir enfin tomber la douceur de la neige, Comme sur un jardin d'automne abandonné?

SOIR TOMBANT l8l

Soir tombant

IN o u s parlions d'être heureux, devant le soir qui tombe.

C'était l'heure paisible où le soleil succombe,

Où l'ombre est lumineuse encore çà et là...

Au bord de la colline, une étoile perla.

Visible à peine, comme une première larme.

Ton visage noyé dégageait tout son charme

Et semblait à la fois plus grave et plus aimant.

Des feuilles frissonnaient, derrière, obscurément.

Tout près, dans le silence, une source cachée

Hgouttait le bruit clair de son urne penchée.

Cependant que, tout bas, je te parlais de nous

Et que tu m'écoutais, les mains à tes genoux,

En regardant le jour s'éteindre, sans rien dire.

Je voyais seulement le coin de ton sourire.

l82 LE CHEMIN DE l'oUBLI

Mais je devinais bien le doute de tes yeux,

Et des mots se pressaient, pour te convaincre mieux,

Sur ma bouche où ta bouche encore était empreinte ;

Et je te disais comme, étreinte par étreinte,

Sur ton cœur à jamais tu m'avais su lier,

Comme c'était fini maintenant d'oublier,

Et de recommencer ma vie aventureuse.

Comme tu faisais tout mon bonheur d'être heureuse.

Et comme je sentais mes yeux vides et las

De s'ouvrir, aussitôt qu'ils ne te voyaient pas.

3>îous étions seuls, cachés dans les arbres paisibles, A deux pas de la route, et pourtant invisibles. En un pli de vallon frissonnant et secret. Le bruit alerte et lent d'un troupeau qui rentrait Parfois mettait dans l'ombre une rumeur de foule, Ou bien c'étaient des pas, un chariot qui roule Et qui s'en va, lourd d'herbe, accompagné de chants. Enfin, tout le retour, au village, des champs... Et tous ces bruits laissaient en nous comme un reproche D'être encor là, tous deux, quand la nuit était proche, Quand, par les chemins noirs dépourvus d'horizon. Les gens et les troupeaux regagnaient la maison ; Et nous songions qu'après cette heure qui fut nôtre, Le retour, brusquement, nous prendrait l'un à l'autre, Qu'il faudrait dans la vie être deux étrangers

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