‹ Poèmes d'amourChapitre 70 sur 94 · TROP TARD · texte numérisé non relu

TROP TARD

Trop tard

1 OUT à l'heure, pendant qu'assis auprès de vous Je vous parlais, tout bas, de mes tristesses vagues,

J'ai senti que j'étais jaloux De voir vos yeux pensifs s'attacher à vos bagues.

Je ne vous aime pas; nous sommes des amis; Notre double passé nous garde l'un de l'autre,

Et c'est avec des mots permis Que ma peine parfois a pitié de la vôtre.

Nous n'avons pas besoin de nous interroger; Nous avons poursuivi longtemps, sans nous connaître, Le même rêve mensonger, iui, rêvé par tous deux, n'eût pas menti peut-être.

Et, tandis que vos yeux, où meurt la fin du jour, Se souviennent, je sens un peu de jalousie,

Et je songe à l'unique amour Qui remplirait mon cœur s'il vous avait choisie...

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