ÉTÉ
Eté
J'ai tant de rêve au cœur en ce matin joyeux Que la petite chambre en est tout agrandie : Un horizon de plaine immense est dans mes yeux, Et ma pensée est comme une abeille étourdie.
Elle va, vient, se pose à peine, s'enivrant Elle-même du vol insensé qui l'emporte... Premier soleil d'été, qui trouble et qui surprend. Comme vous m'emplissez d'une langueur trop forte I
Dès l'aube et jusqu'au soir je vous sens m'épuiser De vos caresses d'or qui donnent le vertige ; Mon désir me ccmsume, et, sous votre baiser. Je suis comme les fleurs qui brûlent sur leur tige.
Premier soleil d'été, puissant comme l'amour, En mon cœur enflammé, vous êtes son complice : Sans trêve et sans pitié, comme lui, tour à tour, Vous êtes un tourment, vous êtes un délice.
Je ferme en vain mes yeux blessés par vos ardeurs Vous me suivez dans l'ombre où je me réfugie, Et je sens m'enivrer, plus lourdes, les odeurs; Le bruit est plus sonore en mon âme élargie.
Des souvenirs fiévreux naissent de mon émoi. J'accueille avidement leur présence irritante, Et, jusqu'au soir lointain, tout multiplie en moi Une fatigue où veille une éternelle attente.