HÉRODIADE
Hérodiade fleur de chair au calice De sa robe brodée de légers oiseaux, De sa robe merveilleuse qui se plisse, Hérodiade a cueilli le pur calice D'une rose reposée au bord des eaux.
Au creux d'un vase chimérique de songe Où de l'eau dort ivre de charme et d'oubli Elle a trempé la rose fleur de mensonge,
La rose coupée qui se meurt comme en songe De ne plus boire aux lèvres du soir joli.
Vient rêver Ilérodiade à la croisée.
Son visage de princesse est une fleur Sur les sépales du corsage posée.
Et les oiseaux de sa robe à la croisée L'ont enjôlée de leurs baisers cajoleurs.
Cependant qu'au vase tors et clair trempée La rose aux douces odeurs de Visapour, L'autre rose a l'air d'une tête coupée Dont la tragique bouche s'entrouvre pour Un baiser féerique de mort et d'amour.