‹ Poèmes de bohêmeChapitre 8 sur 78 · LA REINE DE TRÉBIZONDE · texte numérisé non relu

LA REINE DE TRÉBIZONDE

Je suis le fou du sire de ïrébizonde ;

J'ai vu porter en terre la reine blonde ;

Toutes les fleurs ses sœurs pleuraient à la ronde.

Je l'ai vu porter par quatre papillons ; Dame la Lune la fardait d'un rayon ; Ses lèvres étaient peintes de vermillon.

Elle est morte de m'aimer la reine rose ;

Son âme était restée au cœur d'une rose ; Les ondines m'ont conté toutes ces choses.

Des elfes chantaient des airs mystérieux.

— Dites-moi, dites-moi donc les fossoyeux Qu'avez-vous fait de la reine aux si doux yeux ?

Je suis le fou du sire de Trébizonde ; Elle est morte de m'aimer la reine blonde Et je vais cherchant son âme par le monde.

Son âme est demeurée au cœur d'une fleur ; Toutes ses sœurs, toutes les fleurs sont en pleurs Voici ce que m'ont dit les ondins frôleurs.

— « Quand tu pourras dénouer les trois licornes, Quand les turlupins t'auront donné leurs cornes, Quand tu sauras jouer des cent cors de corne

» Et lancer ta marotte de baladin

A la lune, tu trouveras le jardin

Où fleurit la rose reine des ondins. » —

Je suis le fou du sire de ïrébizonde ; Elle est morte de m'aimer la reine blonde Et je vais cherchant son âme par le monde.

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