‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 32 sur 64 · CONTE FUNEBRE · texte numérisé non relu

CONTE FUNEBRE

Une fée, au bord d'un étang,

pleurait et rêvait d'un Prince Charmant,

disait sa peine à la cigale,

à l'eau d'or, indolente et pâle,

aux saules d'argent, aux quenouilles . . .

(Jfi tiens ceci d'une grenouille,)

Disait : Ah ! pourquoi me préfère-t-il cette enfant à la blonde tresse? Mon baiser serait plus subtil que la chaude, humaine, caresse; l'amour des fées n'est qu'allégresse, l'amour des femmes n'est que deuil . . .

(Je tiens ceci d'un écureuil.)

Puis la fée, extraordinairement morose, et nerveuse, sans doute, d'être seule le soir, comme une lourde, rouge, rose jeta son cœur dans l'étang noir, et vers la lune prit son vol . . .

(Je tiens ceci d'un rossignol.)

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