‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 45 sur 64 · PROMESSE · texte numérisé non relu

PROMESSE

Eufant, comme une fleur soudain épanouie, Qui remplis la maison de lumière et d'orgueil, Enfant fragile, dont la prunelle éblouie N'est pas ternie encor par le doute et le deuil, Brusque petit garçon, fillette déjà sage, Cheveux de soie et d'or ou boucles d'agneau brun, Vif comme un lutin ou grave comme une image, Que seras-tu?

Guerrier, laboureur ou tribun, Lévite au front serein, poète à l'âme d'ombre? Et toi, mystérieure fée au bleu regard, Dis-moi, que seras-tu? La nonne en robe sombre Plus somptueuse que la moire et le brocart, Ou la mère, anxieuse et tendre, d'autres anges Semblables à Fexquis problème que tu es?

Frêle corps précieux enveloppé de langes,

Tu renfermes en toi les solennels secrets

Qui furent de tout temps le bel émoi des mères . . .

Mais devant un berceau pourquoi philosopher? Ce temple minuscule et blanc rend éphémères Les vaines questions dont il sait triompher ; Car, muette réponse oiî sa douce faiblesse Pose le sceau divin des augustes serments. Les chers yeux de l'enfant offrent une promesse Plus belle encor que tous les rê\es des mamans.

Ors, dans la mémoire!

Joyaux rutilants. Poèmes de gloire.

Lacs, jardins, azur.

Smyrne en marbre rose et Venise en moire.

Vasques de Tibur, Villes que chantaient les flûtes d'ivoire

De mes frères morts.

Flammes du couchant sur le promontoire.

Ombre sanglante. Ors . , .

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