‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 47 sur 64 · LE PLUS AIMÉ DE MES JARDINS ARABES · texte numérisé non relu

LE PLUS AIMÉ DE MES JARDINS ARABES

Le plus aimé de mes jardins arabes Est un enclos, sans fontaine et sans fleur, Où des vieillards, en turban de couleur, Psalmodiaient de sonores syllabes.

On s'y rendait par un sentier pierreux, De vieux figuiers y déployaient leurs branches, Un doux collier d'humbles terrasses blanches Encadrait cet asile bienheureux.

Avant midi tout n'était que silence.

Les cris des geais seuls traversaient les airs, Puis des femmes venaient, en voiles clairs, Y reposer leur bavarde indolence;

On entendait leurs rires assourdis.

Un long murmure arrivait de la rade, Et quelquefois, rasant la balustrade.

Passait un vol joyeux de pigeons gris.

Au pied d'un mur enguirlandé de lierre Un fossoyeur à la barbe d'argent Accomplissait son travail diligent Avec des bruits de métal et de pierre . .

La double stèle au marbre rose ou noir Où se fanaient de pauvres broderies^ En recueillant les matinales pluies, Pour les oiseaux se faisait abreuvoir,

iSTeige vivante, un essaim de colombes Tourbillonnait dans l'azur éclatant, Et, jusqu'au soir d'^anbre et d'or, en chantant, Des enfants nus couraient parmi les tombes.

Cimetière d'EIKettar.

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